Viendra l'après

Eau, vivres, soins, toits, ponts, adoption : l’heure est à l’aide humanitaire. Et l’heure sera longue! Avec plaisir, nous apprenons que Montréal accueillera les ministres des Affaires étrangères pour préparer une conférence sur la reconstruction d’Haïti. Je souhaite qu’ils entendent les Haïtiens demandant de sortir des formes traditionnelles d’aide, qui trop souvent enrichissent des élites peu scrupuleuses.

Pourquoi ne pas donner certaines clés de l’économie aux Haïtiens eux-mêmes? Le microcrédit, un outil performant de lutte à la pauvreté, pourrait mettre à profit les forces vives du pays. On sait que les banques ne prêtent pas aux pauvres; le microcrédit leur donne accès à de petits prêts sans autres garanties que l’honneur et la solidarité.

Les personnes démarrent de très petites entreprises dans des domaines aussi variés que la vente de légumes, l’artisanat, l’offre de services. Les Haïtiens connaissent leurs besoins, leur pays, leur culture. L’avant-scène de la reconstruction leur appartient.

Monsieur Harper, pourquoi ne pas mettre le microcrédit à l’ordre du jour du G20 cet automne à Toronto puisque dans ses grandes déclarations, le G20 s’est engagé à assurer une plus grande inclusion financière des plus pauvres? Pourquoi ne pas demander à l’ACDI de considérer cette avenue et de développer rapidement un programme de microcrédit ou d’appuyer le programme Fonkoze qui est déjà présent en Haïti? Cela permettrait aux Haïtiens les plus pauvres de participer concrètement à la reconstruction de leur pays, à la reconstruction de leur dignité.

Huguette Guay, Montréal

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