Initiative pour favoriser les échanges dans le métro: Des macarons qui font jaser

La parole est d’argent, et le silence endort. Tel est le leitmotiv du projet Et si on parlait (Esop), initié en France par Stéphane Paton, qui encourage la discussion spontanée entre étrangers. Avec deux amis, il a élaboré un macaron avec les mots «Bla bla» qui permet plus facilement à ses détenteurs d’aborder un autre «badgé» dans les transports en commun.

Mis sur pied il y a trois mois, Esop est l’aboutissement d’une réflexion du blogueur lyonnais de 20 ans : dans les transports en commun, les gens ne sourient pas, ne parlent pas et l’ambiance est biensouvent morose. «J’étais dans le métro un jour et en regardant les jeunes autour de moi, je me suis aperçu que personne ne se parlait. On a pourtant les mêmes passions, on va dans les mêmes écoles ; c’est dommage de ne pas se parler», ra­conte-t-il en entrevue téléphonique.

Le projet a reçu un bon accueil de la part de plusieurs internautes et de quelques médias français. Le projet en est toutefois à ses premiers balbutiements. Plus de 450 macarons ont été distribués dans toute la France depuis le 16 octobre, mais aucun commentaire d’utilisateurs n’a encore été émis sur le forum consacré à cette fin sur le site Etsionparlait.com.

Frileux, les 30-40 ans
Le public cible de Esop est les jeunes entre 14 et 26 ans, mais cela n’empêche personne d’y participer. «Il y a une tranche d’âge, celle des 30 à 40 ans, qui n’est pas du tout intéressée par notre projet. Nous avons reçu plusieurs commentaires négatifs qui questionnent nos motivations. Ils affirment ne pas vouloir être dérangés par quelqu’un lorsqu’ils sont dans le métro. Ils veulent être tranquilles», déplore le jeune Français.

Pour l’instant, les macarons sont seulement disponibles en France, mais il y a une certaine demande provenant des pays limitrophes, comme la Suisse et la Belgique, et même du Canada. «Comme nous ne générons pas encore de profits, nous ne serions pas capables d’assumer les coûts d’envoi des bad­ges à l’extérieur de la France en ce moment», explique-t-il. Le plan d’action pour les prochains mois : distribuer des prospectus promotionnels dans les universités, les écoles, les magasins, et contacter les médias.

Le site du projet: Et si on parlait?

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