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Métro a 15 ans: «Quelle idée stupide! Irréaliste!»

Per Mikael Jensen/PDG de Metro International - Métro

Je me souviens de ces jours de 1995 où Metro fut lancé à Stockholm. En Suède, tout comme dans plusieurs autres pays d’Europe, de nombreux éditeurs et rédacteurs en chef commentèrent ce lancement de façon sarcastique : l’arrogance dans certains cas, l’ignorance dans d’autres, les fit passer à côté d’un concept novateur.

J’ajoute avec une pointe d’amusement que cette époque vit aussi l’apparition de journaux en ligne et que plusieurs éditeurs levèrent le nez sur cette innovation, la considérant comme une perte de temps et une idée ne pouvant intéresser que quelques maniaques de technologie. J’ai ainsi rencontré un éditeur qui m’a dit : «Tout cela passera.» Eh bien, il faut croire que non…

Je me souviens très bien des premiers mois de Metro Stockholm. Com­me le concept m’intriguait, je réservai une place sur un train de nuit reliant Copenhague et Stockholm. Je fus stupéfait par ce que je découvris dans les métros : des milliers et des milliers d’usagers lisant un quotidien de couleur verte. Une fois rentré au Danemark, je proposai à l’équipe d’administration de l’excellent journal payant pour lequel je travaillais d’instaurer une section gratuite le vendredi. Ma proposition fut rejetée. Le reste appartient à l’histoire.

Aujourd’hui, Metro est publié dans plus de 100 villes du monde. Pas moins de 19 pays sont couverts par Metro International et plusieurs autres ont des quotidiens gratuits inspirés du concept simple mis de l’avant par Metro, celui d’un journal de qualité distribué gratuitement le matin et dans lequel on trouve des nouvelles générales, culturelles et sportives ainsi que des sections spéciales.

Je suis très fier de faire partie de cette grande équipe. Je pense souvent à certains de nos journalistes qui, de jour comme de nuit, travaillent fort pour vous donner toutes les nouvelles que peut contenir Metro.

Je suis régulièrement ébahi par la qualité des reportages, lesquels sont, selon mon humble avis intéressé, parmi les meilleurs que l’on puisse trouver dans les médias. Et j’estime que quelques-uns des meilleurs chroniqueurs de la presse écrite peuvent être lus dans Metro. J’aime aussi le fait que nous soyons neutres politiquement, que notre crédibilité ne dépende pas d’une quelconque allégeance politique; bref, que nous demeurions des esprits libres.

À n’en pas douter, les années à venir verront d’importants changements transformer les médias. Les appareils portables, en particulier les téléphones et les petits ordinateurs, sont de plus en plus populaires, et cela est très bien. Metro peut être consulté sur ces bijoux de la technologie, mais nous savons aussi, grâce à nos enquêtes, que la majorité des citoyens, même parmi les jeunes, préfèrent encore lire leur journal sur papier.

Un téléphone intelligent permet peut-être de visionner une vidéo ou de se connecter à un compte courriel, mais aucun média ne permet comme l’imprimé d’avoir un aperçu aussi rapide et précis de l’actualité. Il s’agit tout simplement d’une façon intelligente de s’informer et de se divertir.

J’ai hâte de voir à quoi ressemblera Metro dans quelques années, voire dans 15 ans. Nous nous faisons un point d’honneur d’améliorer sans cesse le journal et envisageons tout changement comme une occasion de rejoindre toujours plus de gens. Et avec près de 20 millions de lecteurs quotidiennement, nous jouissons d’une attention dont nous pouvons déjà être fort satisfaits. Je vous remercie de lire Metro et de le partager avec les autres.

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