Soutenez

Troquer humiliation contre humilité

Tous les politiciens veulent être aimés. Mais à l’inverse, certains carburent-ils trop à l’humiliation?

Lorsqu’il a fondé le Bloc québécois en 1991, Lucien Bouchard a fait de l’échec de Meech son fonds de commerce, pour ainsi devenir chef de l’Opposi­tion officielle à Ottawa en 1993.

Dans le cas de cette vaste rebuffade constitutionnelle, les Québécois ont certainement eu raison de connaître un tel regain de fierté, ce qu’ils ne font peut-être pas assez souvent. Mais devenu chef du Parti québécois, M. Bouchard s’est senti profondément blessé dans son amour-propre pour n’avoir eu «que» 77 % d’appuis lors du vote de confiance au chef du congrès de 1996.

Et voilà que mardi dernier, il a mené contre son ancien parti une charge à fond de train dont on perçoit bien qu’elle est en grande partie inspirée par les critiques que le PQ et sa chef actuelle ont exprimées à l’égard de Gérard Bouchard, frère de Lucien. «Je n’oublierai pas ça, moi», a-t-il répété, comme pour signifier que ses représailles du moment n’étaient qu’un horsd’Å“uvre.

À la même occasion, l’ex-premier ministre a confié avoir été grandement secoué par sa rencontre de 1996 avec les dirigeants de Standard and Poor’s qui voulaient décoter le Québec. «J’ai supplié ces gens sans émotion de ne pas nous décoter, s’est-il rappelé. J’étais surtout humilié.»

L’homme d’État qu’on voudrait percevoir en lui et qui affirme être toujours souverainiste ne devrait-il pas maintenir une certaine étanchéité entre les écueils de la Nation et ses indispositions personnelles?

Après tout, les premiers sont nettement plus importants que les secondes. Il serait louable qu’ainsi, M. Bouchard troque son extrême sensibilité à l’humiliation contre une juste propension à l’humilité.

– Christian Gagnon, Montréal

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.