Jeux de manettes
Le CRTC vient de trancher. Ou plutôt, non, le CRTC n’a toujours pas tranché et maintenant, les télés généralistes auront le droit de négocier une part de la tarte des revenus avec les distributeurs. Un droit de négocier. Ça me rappelle une certaine question référendaire… Est-ce que changera quelque chose pour vous? Non. Enfin, pas dans l’immédiat. De toute façon, la vraie transformation de l’offre télévisuelle, ça fait longtemps qu’elle est faite.
Il y a longtemps, une seule chaîne suffisait pour répondre aux besoins d’à peu près tout le monde. Du matin au soir, les enfants, les aînés, les maniaques du sport, les accros des téléromans et les mordus d’informations pouvaient s’y retrouver à partir de la seule programmation de la télé généraliste. Les temps ont changé et les goûts de l’auditoire se sont précisés. C’est ainsi que les télés spécialisées sont apparues. Et c’est pour ça que l’abonnement au câble ou à la télé numérique est presque devenu un incontournable.
Hier, on soulignait l’entrée en ondes de Zeste. On y parle de cuisine et on peut y voir évoluer des chefs d’ici et d’ailleurs. Surtout d’ailleurs. Parce que seulement 12 % de la programmation initiale de Zeste sera produite ici. C’est bien peu. Chez Serdy, propriétaire de la nouvelle chaîne, on promet d’essayer de doubler ce chiffre pour l’automne. On salue l’intention. Mais, juste entre nous, est-ce franchement suffisant?
Quand le CRTC accorde une licence d’exploitation à un diffuseur, cette licence ne devrait-elle pas venir avec un engagement formel et non négociable de mettre en ondes au moins 50 % de production made-in-ici? Et tant qu’à y être, ne devrait-on pas exiger que plus de la moitié de cette programmation locale soit constituée d’émissions neuves? Ainsi, on éviterait de se retaper des émissions passées en reprise pour la centième fois, ce qui semble être un automatisme chez la plupart des programmateurs de chaînes spécialisées.
Comprenons-nous bien, il n’y a rien de répréhensible à acheter des productions étrangères quand elles sont exceptionnelles. Là où ça fait mal, c’est quand on se procure des émissions qu’on pourrait aisément faire ici avec nos propres artisans de l’image tout en stimulant notre industrie de la télévision.
Puisqu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, alors, qu’est-ce qu’on attend?