Un patrimoine à préserver
La transformation de l’ancien couvent des SÅ“urs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie à Outremont et de l’ancien Séminaire de philosophie des Sulpiciens dans Ville-Marie en condominiums attise actuellement bien des craintes quant à l’avenir des propriétés institutionnelles sur le mont Royal.
C’est plus de 50 % du mont Royal qui est occupé par des institutions publiques ou parapubliques liées aux domaines du sacré, du savoir et de la santé, et qui sont en pleine mutation. Ce domaine public de la montagne augmente considérablement le Parc du Mont-Royal, puisqu’il favorise son accessibilité depuis la ville et ses quartiers. Il constitue un patrimoine collectif dont la valeur dépasse la somme de ses parties et qui a justifié le classement du mont Royal par le gouvernement du Québec.
Or, ce patrimoine public est plus que jamais menacé de privatisation et de fragmentation au détriment de l’accessibilité collective à la montagne. Devant l’ampleur de la situation actuelle, certains principes doivent être affirmés comme conditions à tout nouveau projet sur ces propriétés.
Les domaines institutionnels sont des espaces à caractère public. La présence de nos institutions sur le prestigieux mont Royal constitue un privilège assorti du devoir d’agir en fiduciaire de ce patrimoine au nom de la collectivité. Il faut mettre un terme à ces gestes qui coupent les Montréalais de leur montagne et plutôt renforcer les liens et les coulées vertes entre la montagne et la ville.
Le mont Royal est un élément exceptionnel du patrimoine national. Les pouvoirs publics ont le devoir de s’assurer que son avenir et son accessibilité soient garantis en faisant primer l’intérêt général.
– Sylvie Guilbault, directrice générale Les amis de la montagne Dinu Bumbaru, directeur des politiques Héritage Montréal