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Vaincre les préjugés liés au cancer

Avant d’avoir un cancer, je pensais rarement à cette maladie. Pourtant, à 25 ans, j’ai failli en mourir. Le cancer, qui était rendu à un stade avancé, s’était répandu un peu partout dans mon corps. Mes chances de survie étaient minces, et celles de pouvoir un jour compétitionner en tant que cycliste professionnel l’étaient encore plus.

Après deux opérations et quatre traitements de chimiothérapie, j’étais toujours vivant. Grâce à mon excellente équipe médicale, à l’appui de ma famille et de mes amis et à ma grande détermination, j’ai survécu. Mieux encore, les meilleurs moments de ma carrière étaient à venir.

Treize ans plus tard, si je devais dire quelle a été pour moi l’expérience la plus enrichissante entre gagner le Tour de France et avoir le cancer, je choisirais le cancer. Je me considère chanceux d’avoir vécu une telle expérience, et c’est pour cette raison que je veux à mon tour soutenir les gens qui souffrent de cette maladie et qui la combattent.

Le cancer touche toutes les formes de vie sur Terre. Cette année, on prédit qu’il sera la principale cause de mortalité dans le monde et qu’il tuera plus de gens que le sida, la tuberculose et la malaria combinés. Vingt-huit millions de personnes se battent contre le cancer et, si la tendance se maintient, ce nombre pourrait tripler d’ici 2030.

Dans certaines parties du globe, le cancer est un sujet tabou. On n’en parle pas, car on a peur de perdre son emploi ou ses amis si cela se sait. Certains d’entre nous craignent que leurs enfants soient renvoyés de l’école simplement parce qu’ils ont un parent cancéreux. Plusieurs personnes croient même que le cancer est une maladie contagieuse ou que ceux qui en sont atteints l’ont mérité. Mais la croyance la plus répandue, c’est qu’un diagnostic de cancer équivaut à une mort certaine.

Molebatsi Pooe-Shongwe, le fondateur de l’organisation sud-africaine contre le cancer BreastSens, illustre la force des préjugés que doivent affronter plusieurs Africains souffrant de cancer. Lorsque les signes de la maladie se font apparents, leur communauté les juge et les persécute, croyant qu’ils sont atteints du sida. «Une jeune femme a refusé le traitement dont elle avait besoin (mastectomie et chimiothérapie) parce qu’elle disait que si elle perdait un sein, cela ferait fuir ses prétendants et qu’elle n’aurait plus aucune chance de se marier. Elle a donc choisi de mourir plutôt que d’être ostracisée», raconte Molebatsi.

Mourir des suites d’un cancer est tragique. Ce qui l’est encore plus, c’est de perdre un ami ou quelqu’un qu’on aime alors qu’on aurait pu le sauver.

Nous espérons inspirer des gens et les inciter à parler de leur combat contre le cancer. Si nous nous unissons, nous pouvons mettre fin à la discrimination et à l’ignorance.

Lance Armstrong est un survivant du cancer, un champion de cyclisme et président de LIVESTRONG, une organisation qui lutte pour les millions de personnes sur la planète atteints du cancer.

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