Moments de silence
Vendredi midi, j’ai été faire un tour dans mon sport-bar préféré. Vous savez, le genre de place où l’on accroche une TV de plus dès qu’on trouve 4 pouces carrés de libres sur un mur. Sur tous les écrans, on voyait un monsieur d’un certain âge qui livrait une allocution. Le son des télés était coupé pour laisser tout l’espace sonore ambiant au petit rock guimauve qui meuble inlassablement le vide de nos repas en solo. C’était donc impossible d’entendre ce que le monsieur racontait. Au bout d’une minute, j’ai reçu un coup de masse dans le front. Le vieux monsieur que je n’avais pas reconnu, c’était Pat Burns. Aie…
J’ai bien sûr aimé le coach – il a atteint la finale de la Coupe dès sa première année avec le Canadien, ne l’oublions pas –, mais j’ai surtout apprécié la formidable machine à franchise qui se mettait en marche dès qu’on lui plantait un micro devant la face. Un homme solide, parfois même intimidant, qui allait toujours droit au but. De le voir ainsi amaigri par la maladie, flottant dans un veston cruellement trop grand pour lui, ça m’a fendu le cÅ“ur en deux.
Pendant son boniment, il a exprimé le souhait qu’un jour, le nouvel aréna qui portera son nom serve à un autre petit Gretzky. Ou alors à un Lemieux ou un Crosby. Moi, ce que je nous souhaite, c’est qu’il y en ait éventuellement d’autres dans le sport qui brûlent la langue de bois et qui montrent autant d’honnêteté et de droiture quand ils prendront la parole. Ça sera là un héritage formidable.
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L’Église catholique éprouve décidément beaucoup de difficultés à s’excuser sans réserve pour les écÅ“uranteries commises par certains membres de son auguste équipe au fil des ans. Pourtant, on connaît des noms, des lieux et des dates. Alors, pourquoi?
Dans son silence, l’Église manque non seulement de respect aux victimes d’abus mais aussi à tous les prêtres qui n’ont jamais rien fait de mal. Ils représentent, en principe, l’immense majorité. En refusant de reconnaître les coupables, on laisse planer un doute qui jette l’opprobre sur des innocents qui ont pourtant exécuté leur tâche avec dévouement.
Emmurée dans son silence, l’Église demeure plus cruelle envers les innocents qu’envers les coupables. Pas très catholique comme attitude…