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Question à Mario Dumont

 Monsieur Dumont, vous souvenez-vous du «courage» dont vous faisiez preuve, lorsque vous étiez chef de l’ADQ, pour épingler les assistés sociaux, les syndicats, les immigrants, les services publics, l’État-providence, etc., afin d’en finir avec l’immobilisme au Québec?  

Puis-je vous rafraîchir la mémoire en citant des titres d’articles qui exprimaient votre «sensibilité» : «Dumont veut mettre fin à l’aide sociale comme mode de vie», «Dumont ne veut pas que le Québec accueille davantage d’immigrants» et «Dumont dit qu’il ne laissera pas les syndicats mener au Québec». Naturellement, vos positions plaisaient au patronat, comme le soulignait un article : «Dumont parle un langage qui plaît au patronat.» Vous vouliez aussi instaurer le système des bons d’éducation, que même Bush avait rejeté aux States. Toutefois, lors de la commission parlementaire sur la lutte contre la pauvreté, vous «brilliez» par votre absence.

Connaissant votre éthique et votre professionnalisme, encore plus depuis que vous êtes animateur à V, propriété de la famille Rémillard, je suggère de recevoir ces derniers à votre émission. Le sujet de votre rencontre pourrait être l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, puisque les Rémillard contestent une cotisation fiscale de 30 M$ impliquant leur fiducie familiale RCI Trust, incorporée à la Barbade. Ils sont même prêts à aller jusqu’en Cour suprême pour de ne pas payer d’impôt.

Statistique Canada nous informait que les actifs des bonzes canadiens dans les paradis fiscaux avaient été multipliés par huit entre 1990 et 2003, étant passés de 11 G$ à 88 G$. Ça dépasse nettement les 100 G$ aujourd’hui. Cela explique beaucoup le fait qu’en 2005, la moitié des compagnies québécoises n’avait payé aucun impôt sur le revenu provincial sur des profits milliardaires. En 2003, l’ancien ministre des Finances, Yves Séguin, a dit que ces évasions fiscales entraînaient une perte annuelle de 1 G$ au Trésor québécois.

Invitez donc également Jacques Ménard de la Banque de Montréal, qu’on entend souvent parler de décrochage scolaire, de santé et de finances publiques, mais jamais de paradis fiscaux et d’options d’achat d’actions peu imposées, alors qu’il est dans le domaine bancaire.

Imaginez l’impact dévastateur de ces évasions fiscales sur nos programmes sociaux et sur la dette. Les gouvernements sont complices de cette arnaque. Le dernier budget provincial, qualifié de «courageux» par le patronat et sa suite, a préféré taxer et tarifier le monde ordinaire, qui doit donc payer pour les contorsions fiscales des pachas.

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