Rions beaucoup avec les politiciens lobbyistes
La multiplication des relations incestueuses entre politiciens et affairistes constitue un problème majeur pour la démocratie, ainsi que pour nos ressources naturelles et nos services publics, cédés sans vergogne aux petits opportunistes afin supposément de créer de la richesse collective. Les intérêts supérieurs des profiteurs sont alors privilégiés à ceux de la collectivité.
Par exemple, lors des dernières élections provinciales tenues au mois de décembre 2008, la population s’est nettement prononcée, dans un sondage Léger Marketing, pour la énième fois contre le privé en santé et a réitéré que la priorité devrait être la santé publique, tel que signalé dans le Journal de Montréal du 12 novembre 2008 : «Malgré la crise financière : la santé demeure l’enjeu no 1». Mais, comme signalé dans Le Devoir du 6 décembre 2008, allant encore une fois contre les souhaits de la population, le premier ministre : «Charest refuse que la santé occulte l’économie». Décodé, ça signifie hausse des subventions tout azimut au privé, même si le Québec est déjà le champion au Canada, que la population devra, contre sa volonté, payer par des augmentations de tarifs de services publics et des juteuses hausses de la TVQ.
D’ailleurs, en 2005, et par une forte majorité en plus de ça : «Les Québécois préfèrent leurs programmes sociaux aux baisses d’impôts» (Journal de Montréal, 12 avril 2003). Afin de prioriser les «besoins» du gratin et du patronat, voici la réplique : «Charest y tient, aux baisses d’impôt (Journal de Montréal, 1 mai 2007). Après les baisses d’impôts aux riches et aux entreprises, place aux tarifs et à la TVQ pour la classe moyenne. Pourtant, tel que rapporté dans La Presse du 11 janvier 2007: «Les propositions des lucides rejetées. Pour la majorité des Québécois, les services publics priment sur le remboursement de la dette».
Malgré tout, lors du dernier budget provincial, Charest et Bachand ont une fois de plus fait fi de la volonté de la population afin de satisfaire les diktats du gratin et du patronat. Le dernier budget est en tout point identique aux vÅ“ux exprimés par le patronat, tel que mentionné dans Les Affaires du 12 décembre 2009 : «Budget du Québec : les priorité du patronat». Les experts de Charest sont peut-être neutres et indépendants, mais leurs recommandations s’alignent parfaitement sur celles du patronat. Si, pour le gratin, les lucides, le patronat et les conseillers, le parti libéral du Québec a fait preuve de «courage» dans son dernier budget provincial, eh bien. Barack Obama, le président des Etats-Unis, est un «lâche» puisqu’il a adopté des mesures fiscales totalement différentes en haussant l’impôt sur le revenu des nantis et les compagnies, en coupant leurs abris fiscaux et leurs paradis fiscaux et en taxant les banques et les bonus des patrons.
Des trucs comme «Le PQ tient un forum intime sur l’économie du Québec» (Le Devoir, 9 janvier 2010) et «Sommet Québécois sur la santé : Discussion sur le privé… en privé» (La Presse, 6 novembre 2007) tiennent lieu de grands débats publics pour les politiciens, tant au PLQ, au PQ qu’à l’ADQ. Belle façon de consulter la population! Aujourd’hui, les politiciens font leur service politique pour se faire voir par le gratin et accroître leur valeur marchande.
Prenons des cas récents de liens incestueux au Québec. Le 18 août 2008, La Presse titre : «Couillard passe au privé. L’ex-ministre de la santé se joint au groupe Persistence Capital Partners, un fonds privé d’investissement en santé». Ce fonds est lié au Groupe Santé Médisys. Ça laisse présager que: «Couillard avait élargi la voie du privé juste avant de démissionner» (20 août 2008). Lui qui jugeait convenable de facturer dorénavant les patients pour les pansements utilisés, tel que rapporté dans le Journal de Montréal du 22 novembre 2007.
Le 9 décembre 2008, devant l’Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux, un ramassis d’assureurs privés, il a dit qu’il fallait arrêter de «sacraliser» la santé publique malgré que 88% des Canadiens la privilégient. Faut la désacraliser au profit de qui au juste?
Puis-je référer à cet article du Devoir du 29 août 2008 intitulé : «Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé. Les inégalités sociales tuent à grande échelle. L’organisme prône l’instauration de systèmes de santé publics». Oui, la santé privée tue à grande échelle. Couillard a même suggéré l’instauration d’un REER-santé pour les riches, ce qui veut dire que sa santé privée n’aurait de privé que le nom, étant financée majoritairement par des fonds publics comme l’est l’école privée qui n’a absolument rien de privée. Ça me laisse avec une colère sourde.
C’est comme Claude Castonguay, ancien ministre de la santé du PLQ, devenu par après dirigeant de compagnies d’assurances, qui veut, bien évidemment, mettre la main sur le réseau de la santé publique, et qui est aussi également administrateur de compagnies pharmaceutiques. À tout vent, il hurle pour la privatisation au plus vite de notre système de santé et le PLQ n’a de cesse de le nommer sur les comités-santé «neutres et indépendants», comme Jacques Ménard de la Banque de Montréal. Ben oui, me semble qu’on peut repasser pour la neutralité, alors qu’ils ont les deux pieds dedans… dans le privé s’entend!
Puis, il y a eu que: «Le député libéral provincial de Nelligan William Russell démissionne pour un poste de lobbyiste» que titrait le Journal de Montréal du 10 mars 2004. Il est devenu lobbyiste pour l’industrie pharmaceutique et, pas longtemps après, Couillard annulait le contrôle gouvernemental des prix sur les médicaments afin d’aider davantage les multinationales à nous arnaquer encore plus. Effectivement, les prix ont, depuis, explosé.
Comme si ce n’était pas assez, Charest, en pleine crise financière, vient de leur allonger 123 millions$ de plus en fonds publics. Faut bien qu’elles versent des gros dividendes à leurs actionnaires et que les patrons soient rémunérés à leur «juste valeur». Au diable le budget de la santé publique quand ça sert les intérêts des gros profiteurs. On coupera ailleurs.
Puis, il y a l’ancien ministre péquiste Michel Clair à qui «le CHUM laisse l’ophtalmologie au privé. Les soins, l’enseignement et la recherche entre les mains du groupe Sedna, de Michel Clair» que titrait Le Devoir du 6 septembre 2008. Le monsieur connaît absolument rien là-dedans mais le CHUM l’avait engagé comme consultant et expert. Devinez quelles ont été ses recommandations? Un autre «expert» que nos gouvernements ont eu la bonne idée «courageuse» de nommer à la tête d’un comité pour repenser notre système de la santé publique. Je le répète, monsieur Clair est propriétaire d’une entreprise privée qui Å“uvre dans le domaine de la santé.
Il y a eu aussi le ministre des ressources naturelles du PLQ, Pierre Corbeil, qui, trois mois seulement après sa démission, fut embauché comme conseiller d’une compagnie minière et fut nommé sur le conseil d’administration d’une autre que nous signalait le Journal de Montréal du 1er novembre 2007. Sans compter qu’il a agi comme lobbyiste pour Avionnerie Val-d’Or, une entreprise dont il fut actionnaire que nous révélait le même quotidien du 1er novembre 2006. Le monsieur s’est fait réélire et a été de nouveau nommer ministre par Jean Charest. On nous dit qu’il a changé. Pour le meilleur ou pour le pire, ça on ne le sait pas!
Ajoutons l’ancien ministre libéral Rémi Bujold, qui a reçu de gros contrats de consultation du gouvernement du Québec sans appel d’offres et qui est lobbyiste pour une compagnie minière que nous signalait le Journal de Montréal du 6 mai 2008. Et, le ministre Béchard du PLQ, humoriste à ses heures, qui a dit sans rire : «Claude Béchard n’arrive pas à expliquer par quelle science les quatre contrats adjugés sans appel d’offre à Rémi Bujold ont été calculés, à l’avance, à un maximum de 24 000$ chacun», tel que rapporté par le même journal du 7 mai 2008. Monsieur Béchard, cela n’a rien à voir avec la science…
Ajoutons à la liste Raymond Savoie, l’ancien ministre du PLQ, qui est parti avec les droits d’exploration de pétrole et de gaz de la province et en a profité pour fonder sa propre compagnie d’exploration, Gastem, qui est depuis inondée de fonds publics et de permis d’exploration. Il y a eu aussi les hippodromes du Québec, cédés en 2005 au sénateur libéral Paul Massicotte, un autre siphonneux de fonds publics et l’ancien ministre du PLQ, «Paul Gobeil qui avait investi dans Mont Orford juste après l’élection de Jean Charest». Oh, oh, que vois-je dans La Presse du 7 mars 2008 : «André Boisclair devient lobbyiste» et rejoindra le camp des lobbyistes «seniors».
Faut surtout pas passer sous silence Pierre-Marc Johnson et Lucien Bouchard, le lucide, qui sont à la solde de gros bureaux d’avocats», des experts en lobbyisme. Il y a même la Banque TD qui vient d’embaucher le général de l’armée Rick Hillier et la firme de lobbyistes et de relations publiques National qui s’est adjoint les services de l’ancien bloquiste Yvan Loublier qui s’est aussitôt converti à la lucidité.
Il y en a d’autres comme Guy Chevrette, ancien ministre péquiste qui est devenu président de l’industrie des compagnies papetières et qui est très porté sur le chantage; l’ancien ministre du PLQ André Bourbeau qui s’est lancé dans l’éolien privé au profit de l’Ontarienne Sky Power qui a reçu de juteux contrats du gouvernement Charest et enfin l’ancien ministre libéral au Québec Guy St-Pierre qui a réorienté sa carrière avec succès chez SNC-Lavalin, firme qui prône la privatisation de tous les services publics : autoroutes, éolien et Hydro-Québec, prisons, transport en commun, santé, eau et aqueducs, etc. SNC-Lavalin est fin prête à gérer tous ces services publics à la place de l’État. Du vrai bon monde. St-Pierre a dit : «L’État ne peut tout faire». Mais lui peut. Le privé peut absolument tout faire, il n’y a rien à leur épreuve pourvu que ce soit financé intensément par des fonds publics et que l’on leur cède nos ressources naturelles et nos services publics.
La farce va se poursuivre pour toujours si vous continuez à élire des libéraux, des péquistes, des adéquistes et des conservateurs. Ça vous tente pas de voter Québec Solidaire? Pensez à vous pour une fois et non aux faiseux qui veulent s’approprier votre bien commun et vous facturer à gros prix les services publics et les instruments collectifs qu’ils auront obtenus pour presque rien afin de vous appauvrir encore plus. Réveillez-vous! Faut faire comme la majorité des pays d’Amérique latine qui sont maintenant gouvernés par des gouvernements socialistes. Au moins, si vous avez la «lucidité» d’élire à Québec ou à Ottawa quelqu’un comme Barack Obama, ça serait beaucoup mieux…