Nous sommes indispensables
Je travaillais au sein d’une équipe multidisciplinaire en psychiatrie, donc je considère que je faisais vraiment partie des soins autant que mes collègues infirmière ou psychologue. Une situation qui m’a vraiment marquée, c’est lorsqu’un patient en détresse m’a appelée d’une cabine téléphonique.
Il voulait se suicider en se lançant devant une voiture. Il fallait réagir vite. Pendant que ma collègue courait chercher la psychologue, je gardais le lien vital en continuant à l’écouter et à lui parler. Il me faisait confiance parce que j’étais depuis plusieurs années le lien humain entre lui et ses services professionnels. Croyez-vous qu’une boîte vocale aurait pu réagir de la même manière?
Raymond Bachand, le ministre des Finances, a, dans son dernier budget, indiqué «un maintien du remplacement de seulement un départ à la retraite sur deux. Cette règle est désormais étendue au personnel administratif des réseaux de la santé et de l’éducation.»
Les conséquences seraient dramatiques si cette mesure insensée était appliquée. Qui va faire notre travail? Le personnel des soins déjà surchargé? Le personnel de bureau qui resterait? Drôle de façon d’améliorer les services, de régler les pénuries.
Le verbe pétouiller signifie ne rien faire de bien et son étymologie provient d’un mot qui ne sent pas très bon.
Je terminerai en souhaitant à tout le personnel de bureau une très belle Semaine des secrétaires.
– Viviane Tremblay, Longueuil