Où est le bon goût?
Le film Snow & Ashes du réalisateur Charles-Olivier Michaud, déjà primé au festival Slamdance, a reçu en fin de semaine le prix du Meilleur Film international au festival de Sonoma. D’un autre côté, le film 3 saisons, de Jim Donovan, a remporté dimanche la Palme d’or et le Prix du public au Beverly Hills Film Festival, et ce, après avoir gagné au festival de Whistler et avoir été en lice pour les Prix Génie la semaine dernière.
Les deux films ont été produits de manière indépendante, avec les épargnes des producteurs et artisans, sans puiser dans les poches des contribuables à travers la SODEQ et Téléfilm Canada. Alors, comment cela se fait-il que le public ne puisse pas voir ces longs métrages extraordinaires, accueillis avec tant d’enthousiasme ailleurs, dans le moindre salle cinéma au Québec ou au Canada?
Le facteur commun dans les deux films est la productrice montréalaise Sandy Martinez, une femme reconnue pour son goût impeccable et son bon jugement lorsqu’arrive le temps de s’associer à des projets et des artistes. Mme Martinez, coproductrice de 3 saisons et de Snow & Ashes, explique l’absence des films des écrans québécois par le fait que les distributeurs se servent de l’argent de Téléfilm pour financer la distribution et la publicité des longs métrages. Puisque Téléfilm Canada n’a investi dans aucun des projets, ils n’ont pas droit à une cenne de financement, malgré tous leurs prix nationaux et internationaux.
Ce système préhistorique et bureaucratique fait en sorte qu’un producteur indépendant a plus de chances de remporter deux fois la 6/49 que de recevoir des ristournes sur un film au Québec. C’est triste et désolant. Espérons que suite au succès remporté en fin de semaine, Téléfilm Canada se conduira comme il faut et financera enfin la distribution de ces beaux projets. Autrement, ils risquent de devenir les premiers films québécois distribués partout sauf ici.
– Fede Sanchez, Montréal