De l'incivilité des cyclistes
Si les cyclistes se montrent parfois bien imprudents en ne respectant pas le Code de la route, on ne saurait les blâmer d’utiliser parfois le trottoir en lieu et place de pistes cyclables en site partagé sur des tronçons où la circulation lourde est rapide, et a fortiori lorsqu’il n’y a pas de piste cyclable disponible.
Même avec une piste en site propre, j’hésiterai beaucoup avant d’emprunter l’avenue du Parc, où les automobiles dépassent les 70 km/h, et prendrai toujours le trottoir. Pas par manque de respect, non; pour ma propre survie.
Casque ou pas, un cycliste pesant, avec sa monture, moins de 100 kilos n’a aucune chance contre un engin motorisé au moins de 10 à 100 fois plus lourd que lui et 3 fois plus rapide, comme l’ont montré les tragédies de la fin de semaine passée. Même lorsqu’il n’y a que des voitures, les conducteurs roulent trop près les uns des autres. Pourquoi feraient-ils autrement avec les cyclistes?
Sur un trottoir, pourvu qu’on ne se prenne pas pour Lance Armstrong, il est tout à fait possible de cohabiter avec les piétons. La différence de masse et de vitesse entre piétons et cyclistes est bien moindre, et permet de ne pas risquer de chute mortelle ni de portière ouverte inopinément.
– Christophe Tadji, Montréal