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Partager la route… à quel prix?

Je me souviens, il y a quelques années, en 2004, d’une campagne de prévention que le ministère des Transports avait lancée et dont le slogan était «Partageons la route». Il était bien beau et plein de promesses, ce nouveau slogan qu’on retrouvait sur des pancartes géantes le long des routes du Québec.

La première fois que j’avais vu une de ces affiches, j’étais sur mon vélo entre Sainte-Jeanne-d’Arc et Péribonka, sur la véloroute des Bleuets, au Lac-Saint-Jean. Sur cette affiche, on pouvait voir une roue faite à moitié de celle d’un vélo et à moitié de celle d’une voiture, avec l’image d’une route qui défilait dessous. Alors que je roulais sur ce qui me semblait être un tronçon périlleux, où de nombreux camions filaient à vive allure à une distance de moins de six ou sept pieds à mes côtés, je me suis senti interpellé par la chose.

Je crois que la route, quelle qu’elle soit, ne peut être véritablement partagée avec des véhicules qui pèsent plus de deux tonnes et qui, d’un seul petit impact, peuvent vous projeter avec votre vélo dans le paysage. À la lumière des récents accidents qui ont coûté la vie à des cyclistes, force est de constater que malgré les efforts déployés du côté de la prévention, le mariage vélos et véhicules à quatre roues n’existe pas sur les routes du Québec.

Évidemment, ce qui peut être vraiment partagé, c’est la prudence, la modération et le savoir-vivre des automobilistes et des cyclistes à la fois, surtout dans les villes. Mais on dira ce qu’on voudra, il faut quand même une certaine dose de témérité pour aller à vélo sur les routes.

– Yvan Giguère, Saguenay

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