Offrir la dignité
Le désir de protéger la vie est une cause noble qui ne laisse personne indifférent. Cela m’interpelle davantage depuis que je suis bénévole au Centre pour personnes âgées Father Dowd, dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal. Plus d’une fois, mes amis et moi avons été chaleureusement remerciés pour l’accomÂpagnement que nous apportons aux résidents esseulés du Centre.
J’ai plusieurs fois vu agréablement changer ma journée lorsque nous nous sommes fait dire : «Merci d’être venus. Nous sommes si contents de vous revoir aujourd’hui!» ou «Vous avez fait ma journée. Si vous n’étiez pas venus, je n’aurais pas pu prendre mon thé.» ou encore «Revenez la prochaine fois. Ne nous oubliez pas!»
Ces fréquentes visites me font réaliser la splendeur de la dignité de la personne humaine, qui demeure essentiellement inchangée avec l’âge. En effet, il paraît opportun ici de souligner la coexistence en toute créature de deux réalités importantes. La première est celle qui définit intrinsèquement ce qu’une créature est.
C’est elle qui permet par exemple de distinguer un chat d’une plante ou d’un humain, car la nature de chacun est essentiellement différente de celle de l’autre. La seconde réalité est celle qui peut être modifiée sans que la créature en soi ne change. Par exemple, un chat qui grandit et vieillit avec le temps n’est pas moins «chat» à 14 ans qu’à 2 mois, bien que sa taille ou la couleur de son poil ait changé.
Ainsi, une mamie de 92 ans n’est pas moins digne qu’un jeune de 26 ans parce qu’elle souffre d’al-zheimer et de cancer avancé. Non, elle n’a pas perdu sa dignité, parce qu’elle demeure toujours essentiellement une personne humaine en quête de l’amour et de l’affection de ses pairs!
Entraidons-nous pour combler les besoins de nos personnes âgées et barrer la route à l’euthanasie. Je suis convaincue que nous en sortirons tous gagnants!
– Sandrine Futcha, 26 ans