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Gaza, rien à l'horizon

Derrière toute guerre, il y a une bataille d’images. Le conflit entre Israël et le Hamas ne fait pas exception. L’État hébreu doit arraisonner aujourd’hui six navires humanitaires voguant vers Gaza, territoire contrôlé par le groupe islamiste palestinien. En empêchant «la flottille de la paix» d’arriver à bon port, le gouvernement de Benyamin Netanyahou risque de voir son image, déjà ternie, couler à pic.

Les 10 000 tonnes de fret (maisons préfabriquées, fauteuils roulants électriques, médicaments…) représentent une goutte d’eau pour les besoins des Gazaouis, privés pratiquement de tout depuis le blocus israélien instauré il y a trois ans. En refusant de laisser passer la flottille partie de Chypre, Israël joue donc le jeu du Hamas. Mais dans ce Moyen-Orient compliqué, toute concession, même la plus minime, est souvent considérée comme un acte de faiblesse par l’adversaire.

Dans cette partie de bras de fer, Israël a des alliés de taille : l’Autorité palestinienne et l’Égypte, qui a bouclé en grande partie sa frontière commune avec Gaza, trouée de centaines de tunnels clandestins où transitent du combustible, des produits alimentaires mais aussi des armes. Les deux ne portent pas le Hamas dans leur cÅ“ur. Résultat : la population du territoire de 360 km2 est prise en otage. Son horizon est bouché. Elle souffre de tous les maux, 18 mois après l’offensive dévastatrice Plomb durci destinée à faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur le sud d’Israël.

Elle survit avec deux dollars par jour en moyenne. Le taux de mortalité infantile y est l’un des plus élevés au monde. De manière générale, la malnutrition est chronique, même si Israël affirme acheminer 15 000 tonnes d’aide humanitaire chaque semaine.

Dans cette crise humanitaire, l’État hébreu et le Hamas se renvoient la balle. À l’évidence, les Gazaouis vivent dans une prison à ciel ouvert. Leur punition est collective. Toute aide, d’où qu’elle vienne, leur semble miraculeuse. Tout le week-end, ils ont scruté la mer, et l’horizon était vide.

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