Patrice Brisebois: Le hockey, la course automobile et moi
Le Grand Prix du Canada a eu lieu dimanche et l’ancien joueur du Canadien de Montréal, Patrice Brisebois, était de la fête. Métro l’a rencontré au puits de l’écurie Lotus sur le circuit Gilles-Villeneuve alors que les voitures étaient à la ligne de départ.
Vous avez joué 18 ans dans la LNH. En fait, vous avez commencé à y jouer la même année que Michael Schumacher a fait ses débuts en F1. En course automobile, il est parfois difficile pour les plus vieux coureurs de rivaliser avec les plus jeunes. Est-ce le cas dans la LNH?
La durée moyenne de la carrière d’un joueur de la LNH est de quatre ans. Alors d’y jouer 18 ans est assez spécial. Pour jouer aussi longtemps, il faut être concentré, prendre soin de son corps et être passionné par ce que l’on fait. Ce qui compte, ce n’est pas l’argent, mais d’être le meilleur. Vous demanderez à Schumacher ou Barrichello et ils vous diront la même chose. Ils adorent conduire, j’adore patiner. J’ai commencé à l’âge de 4 ans et ces gars-là ont aussi commencé à conduire des go-karts très jeune.
Au hockey, quand on vieillit, peut-on dire que le corps ne suit plus?
Oui! Mon corps est brisé de partout. J’ai subi deux chirurgies au dos, je me suis cassé l’épaule, le genou, les chevilles, les orteils…le hockey est vraiment un sport difficile.
Vous êtes un mordu de la course automobile. Comment vous y êtes-vous intéressé?
Quand j’étais petit, j’allais souvent mettre mon nez dans les vitrines d’un certain concessionnaire automobile de Montréal qui vendait des Ferrari, des Porsche, des Lotus Esprit… Lorsque que nous avons remporté la Coupe Stanley, je suis tout de suite allé chez ce même concessionnaire et je me suis acheté une Porsche. J’avais seulement 21 ans. La même année, je me suis inscrit à l’école de conduite Jim Russel au Mont-Tremblant et je suis devenu accro. En 2000, j’ai acheté ma première voiture de course. La course automobile c’est comme le hockey ou n’importe quel autre sport, plus on pratique, meilleur on devient. Je me suis amélioré rapidement et j’ai participé au Challenge Ferrari que j’ai gagné deux fois. Depuis l’année passée, je suis devenu professionnel et je compétitionne dans une série NASCAR.
Vous avez participé à combien de courses?
Deux. Je suis arrivé 12e sur 35 à Montréal. Ce n’est pas si mal. À Trois-Rivières, j’ai eu des problèmes avec ma suspension. C’était une course vraiment difficile parce qu’il faisait 45 degrés à l’extérieur et 55 à l’intérieur. Ce n’est pas du tout comme dans un aréna! J’ai aussi eu des problèmes avec ma radio. J’entendais des bruits parasites. Ma tête élançait à la fin. La voiture NASCAR génère tellement de chaleur que je me suis brûlé les pieds sur la pédale d’accélération. Je n’ai pas pu marcher pendant trois jours.
Que genre de NASCAR avez-vous?
Une énorme Dodge V8 avec 550 bhp. Elle est très lourde et les freins ne fonctionnent pas très bien. Il faut leur faire très attention.
Y a-t-il une chance pour que vous fassiez un Schumacher de vous-même et retourniez un jour dans la LNH?
Je m’entraîne encore trois à quatre fois par semaine. Je suis en bonne forme. Je sais que je peux encore jouer, mais avec toutes mes blessures… Je pourrais peut-être jouer un mois, mais un an, c’est autre chose. La LNH, je ne pense pas, mais de jouer en Europe où l’horaire est moins chargé pourrait être intéressant. Quand j’ai pris ma retraite l’année dernière, je n’étais pas vraiment prêt à le faire. Si je recevais une invitation, j’y penserais…