Yves Pelletier, rédacteur en chef invité
En pleine tournée de promotion pour son film Le Baiser du barbu qui prendra l’affiche vendredi, Yves Pelletier était de passage dimanche dans les locaux de Métro pour occuper le siège de rédacteur en chef invité. En plus de rédiger une tribune pour la page Opinions, il a commandé un reportage à notre journaliste Vincent Fortier afin de savoir si Montréal était une ville romantique.
Enfin, en entrevue vidéo, il s’entretient avec Métro à propos de son côté romantique (ci-contre).
Oui, je l’avoue, j’ai déjà abandonné des animaux de compagnie lors d’un déménagement. Il s’agissait de coquerelles, certes, mais l’immeuble où je déménageais ne les tolérait pas. Il m’a fallu beaucoup de courage pour les laisser ainsi, livrées à leur sort, sans nourriture ni affection. J’ai appris par la suite qu’elles n’avaient pas survécu à cette rupture. Encore aujourd’hui, je suis rongé de remords. Sur une note plus sérieuse, je trouve cette situation déplorable. Être propriétaire d’une petite bête est une source de joie, mais c’est aussi une grande responsabilité. C’est ce que je dis à mon chien tous les jours.
Selon moi, Montréal n’est pas vraiment romantique. C’est une ville conviviale au charme maladroit, pleine de bonnes intentions, tout comme son maire. Parmi ses attraits : la grégarité de sa population, ses escaliers extérieurs en colimaçon et les ruines de l’échangeur Turcot. Sérieusement, tout dépend du regard qu’on pose sur cette ville. Je trouve que Montréal est une métropole à dimension humaine, par sa configuration mais aussi par son esprit. Un physique un peu ingrat, mais un cÅ“ur gros comme ça. Lorsque je reviens de voyage, je suis toujours surpris de la retrouver aussi imparfaite. Pourtant, j’y suis profondément attaché. Montréal a une âme. Finalement, cette ville est peut-être plus romantique qu’on le croit.
Scandale : en Louisiane, BP ajoute de l’eau de mer à son pétrole! Au prix que nous coûte l’essence, nous sommes en droit d’exiger une essence propre, sans plancton ajouté. Blague à part, ce que je trouve le plus révélateur (et par le fait même le plus révoltant) dans cette crise, c’est de réaliser que nous sommes gouvernés par de grandes corporations, peu importe l’allégeance politique de nos dirigeants. Sous l’administration Bush, on a souvent parlé des liens étroits que le gouvernement entretenait avec l’industrie pétrolière. Le changement de régime ne semble pas y avoir changé grand-chose.
J’admire la créativité de Pierre Lapointe. Je la trouve représentative de sa génération. Je perçois aujourd’hui au Québec la même effervescence musicale que lors de mon adoÂlescence, dans les foisonnantes années 1970. Les Malajube, Ariane Moffatt, Dumas, Karkwa, Eve Cournoyer, Les Trois Accords, Yann Perreau, Breastfeeders, Loco Locass, Mara Tremblay, Cowboys Fringants, Catherine Durand ou Alexandre Désilets (plogue) en sont de dignes héritiers. Les?Francos sont une occasion unique de constater l’ampleur de leur immense talent. Bravo les jeunes! Mononcle Yves est fier de vous.
Je ne suis pas un fan de sport automobile. (Surtout lorsque Jean Charest a les deux mains sur le volant.) Dimanche, irrité par le vrombissement des bolides de Bernie, je me suis réfugié dans un cinéma où j’ai savouré en toute quiétude Les amours imaginaires de Xavier Dolan. J’ai tellement aimé son film que je suis sorti de la salle en marchant au ralenti. (D’ailleurs, si j’avais deux films à conseiller cet été, celui de Xavier en ferait partie. L’autre, vous vous en doutez un peu.) Quand je suis arrivé chez moi, les vrombissements infernaux de la F1 s’étaient tus. Je me suis cru sain et sauf. J’ai alors ouvert ma télé au Mondial et j’ai été assailli par le bourdonnement des vuvuzelas. Au secours! Vive le boulingrin.