Saturne par la tranche
Demandez à n’importe qui de penser à une planète. Vous savez laquelle vient d’abord en tête pour la plupart des gens? Saturne, bien sûr! Pour plusieurs, Saturne est la plus belle de toutes les planètes. Ses anneaux spectaculaires et ses magnifiques couleurs en ont fait une véritable icône. Mais ça n’a pas toujours été le cas, car pendant la majeure partie de notre histoire, Saturne ressemblait à une simple étoile dans le ciel…
En fait, c’est Galilée qui a observé Saturne pour la première fois avec une lunette astronomique, en 1610. Mais avec son instrument rudimentaire, il n’arrivait pas à distinguer clairement les anneaux. Au mieux, de part et d’autre de la planète, Galilée devinait d’étranges extensions floues, en forme d’oreilles. Et deux ans plus tard, elles avaient disparu! Cela a beaucoup intrigué Galilée, et Saturne a hanté ses pensées le reste de sa vie.
Les lunettes se sont améliorées par la suite, et la première observation précise des anneaux de Saturne a été faite par l’astronome hollandais Christian Huygens en 1655, 13 ans après la mort de Galilée. Malgré tout, Huygens croyait que les anneaux étaient solides…Vingt ans plus tard, en 1675, l’astronome franco-italien Giovanni Cassini a remarqué ce qui ressemblait à une coupure dans les anneaux de Saturne. La division de Cassini, comme on l’appelle aujourd’hui, a été nommée en son honneur. Les anneaux de Saturne semblaient décidément de moins en moins solides.
Plus récemment, grâce à la sonde spatiale Cassini, qui se trouve présentement en orbite autour de Saturne, nous avons pu étudier les anneaux comme Galilée aurait sûrement aimé les voir… En fait, nous sommes même passés au travers… Les anneaux de Saturne sont constitués pour l’essentiel de milliards de particules de glace : la taille des morceaux varie de la grosseur d’un petit caillou à celle d’une maison. Mais lorsqu’on les examine de près, on s’aperçoit que les anneaux ne sont pas uniformes. On y trouve des milliers de sillons, et plusieurs divisions et discontinuités.
Les anneaux de Saturne sont vraiment très étonnants! Ils s’étendent sur environ 280 000 kilomètres de diamètre, mais ils font à peine un kilomètre d’épaisseur! Voilà pourquoi Galilée croyait que les anneaux avaient disparu deux ans après ses premières observations. L’axe de rotation de Saturne est incliné, et, deux fois au cours de l’orbite de la planète autour du Soleil – donc tous les 15 ans – on voit les anneaux par la tranche. En fait, ils sont si minces qu’on ne les voit pas du tout. Entre ces extrêmes, les anneaux se présentent à nous plus ou moins de face.
La dernière fois que les anneaux nous sont apparus par la tranche, c’était en septembre 2009; et depuis, ils s’ouvrent graduellement. Les astronomes amateurs auront de quoi se rincer l’Å“il au cours des prochaines années!
Saturne en vedette
Saturne, au-delà des anneaux est le plus récent spectacle du Planétarium. Ce voyage interplanétaire vers Saturne, ses anneaux et ses lunes propose des images saisissantes et d’étonnantes démonstrations scientifiques exécutées par un animateur. Présentation du mardi au dimanche à 13 h 15 et 15 h 45 jusqu’au 18 juin et tous les jours à compter du 19 juin 2010.