Le favoritisme engendre l'incompétence
En expédiant l’idole montréalaise de l’heure à St. Louis, l’état-major du Canadien de Montréal a orchestré une opération qui a eu pour résultat net d’attribuer le poste de gardien partant au jeune Carey Price, même si celui-ci a eu des perforÂmances en dents de scie depuis ses débuts dans la Ligue nationale de hockey.
La seule chose que les stratèges de la Sainte-Flanelle peuvent reprocher à Jaroslav Halak, c’est le fait qu’il a porté ombrage au jeune sauveur qu’ils ont identifié et, par la même occasion, qu’il a révélé au grand jour d’avoir mis à jour leur incompétence en ce qui concerne l’évaluation du potentiel des joueurs formant la relève de l’équipe. Les célèbres exploits de notre courageux petit Slovaque font désormais partie de la glorieuse histoire d’un club centenaire. La démonstraÂtion de son attitude exemplaire et de son immense talent n’auront pas suffi à ce qu’on lui rende justice. Ses patrons lui ont refusé le droit à une carrière dans l’organisation qu’il a portée à bout de bras pendant deux saisons consécutives.
Le traitement qu’on a servi à Halak est injuste envers lui et irrespectueux envers les fidèles partisans. Mais ce genre de décision est monnaie courante dans le quotidien de notre société, à la seule différence que les victimes ne sont généralement pas des personnalités d’intérêt médiatique. Le cas Halak illustre à merveille le fait qu’à l’heure des choix, c’est le poids des individus soutenant les candidatures, et conséÂquemment leur image ou encore leur réputation, qui est privilégié au détriment du choix logique et honnête.
Peu importe le domaine, le favoritisme et l’incompétence règnent en maîtres sur notre organisation sociale. Il serait peut-être avantageux de nous en formaliser un peu plus souvent.
– Yannick Guégano, Terrebonne