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Cammalleri doit jouer quand même

Yvan Piquette, Réal Munger et Paul Meilleur-Aucoin/Sportnographe

On le savait déjà, mais cette année, les joueurs de Canadien nous en font la preuve par C + D avec toutes leurs blessures, dont la plus récente à Cammalleri : le syndicalisme n’est pas jojo, dirait Éric Duhaime; pire, il est une menace pour l’équilibre du marché naturel et l’inventivité.

Prenez Jacques Plante, par exemple. En 1959, au Madison Square Garden, Andy Bathgate lui slap-shotte le puck direct dans le nez. On connaît la suite : Plante reviendra au jeu le soir même avec une innovation capotée, le masque de gardien de but pour la face. Certes, il succombera à ses blessures, mais beaucoup plus tard, en 1986. Or, que serait-il arrivé si Plante avait eu une carte de la National Hockey League Player’s Association dans son jacket ce soir de l’année où Fidel Castro est devenu premier ministre de Cuba? Il aurait mis son nez dans sa tite poche et serait parti à l’hôpital.

NHLPA ou quand José Bové joue au hockey
McDonald’s et Wal-Mart sont la démonstration d’incroyables réussites avec pas de syndicat. Même que, lorsque la menace se pointe, ceux-ci ne craignent pas de vider leur banque d’audace et de fermer les magasins ciblés, au risque de perdre de la grosse argent. En ce sens, qu’attend la Ligne nationale de hockey pour briser le syndicat de joueurs fondé en 1967?

C’est que, voyez-vous, Cammalleri et Markov, pour ne nommer que ceux-là, nous font penser à ces femmes qui, jadis, travaillant dans une usine et venant d’obtenir leur carte de la CSN, transformèrent leur présentéisme en absentéisme, préférant regarder les concours d’Elvis au Canal 10 que de coudre des jeans.

Ouais, mais Bob Gainey a joué en 1984 avec deux épaules disloquées, nous direz-vous, soit bien après la naissance de la NHLPA. Oui, mais l’aversion de Gainey pour les syndicats est bien connue; seule la peur de manger une volée par Pierre Bouchard l’a convaincu à l’époque de signer sa carte. Depuis, il a affiché ses vraies couleurs en étant DG de Canadien et du Dallas.

Et vous savez quoi, le pire dans tout ça, c’est que comme Jean Perron le disait cette semaine, les joueurs sont plus en forme que jamais. «Quand ils arrivent au camp d’entraînement, ils sont dans une forme splendide. Les gars, maintenant, s’entraînent 9 mois sur 10.» 10 mois? Heille, le calendrier est rendu syndiqué lui avec, pis on le savait même pas.

Cammalleri? Awaille su’a glace!


Vendredi soir à 19 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada – 95,1 FM

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