La semaine de l'euthanasie
Comment avez-vous trouvé la semaine de l’euthanasie? On nous avait annoncé la semaine de prévention du suicide. Or, j’ai davantage eu l’impression d’assister, à l’inverse, à une semaine de l’éloge du courage de se suicider ou d’euthanasier des suicidaires vieux ou malades.
Le Devoir a entamé la semaine en nous présentant un héros défenseur de l’euthanasie. Ghislain Leblond, atteint d’une maladie dégénérative, est ce genre de héros d’une mauvaise cause qui finira par la rendre sympathique.
La Presse a ensuite ouvert sa page éditoriale à un long texte d’une jeune dame qui voulait euthanasier sa grand-mère plutôt que de la laisser dans un centre d’hébergement où elle serait mal soignée. («Quelle dignité?» 5 février)
Tout le monde en parle termine la semaine en invitant ce même Ghislain Leblond. Guy A. Lepage a tellement été sympathique à sa cause qu’il lui a souhaité ce qui risque d’être un nouveau souhait du jour de l’An, «l’euthanasie à la fin de vos jours.»
Bien sûr, la commission «Mourir dans la dignité» battait son plein, alors que cela est un débat qui n’appartient même pas au Québec. L’euthanasie est un meurtre selon le Code criminel. Le débat est donc national. Aucune province ne peut prendre d’initiative à ce sujet.
Quel est donc le message qu’on va lancer aux vieux, aux malades et aux déprimés? «Vous vous sentez un poids pour la société? Effectivement, vous l’êtes! Signez vos papiers et on vous aidera à débarrasser la société!»?
– Jeannot Vachon, Québec