La coalition qui divise
Est-ce que ça n’est pas contradictoire de parler d’une coalition qui divise? La coalition de François Legault diviserait les francophones du Québec, risquant de permettre le report au pouvoir du Parti libéral, dont la vaste majorité des électeurs sont fatigués.
Mais justement, si M. Legault veut parler de coalition, qu’il soit cohérent et qu’il envisage une coalition éventuelle pour gouverner, même avec une position inférieure au Parti libéral. Avec une coalition incluant le PQ, on pourrait gérer le Québec autrement, sans le spectre d’un référendum. Tous les bons éléments du PQ pourraient donc être recyclés.
En dehors des positions sur la souveraineté, les politiques des deux grands partis actuels ne sont pas si éloignées. On a souvent l’impression que le PQ joue le rôle de l’opposition qui s’oppose systématiqueÂment pour gagner des points. Est-ce qu’un PQ majoritaire serait aussi généreux qu’il essaie de le paraître dans son opposition constante au gouvernement actuel?
On sait qu’un parti qui prend le pouvoir penche automatiquement plus à droite, étant confronté avec les choix difficiles qu’un manque de ressources impose.
Le parti vierge de François Legault a justement l’avantage de la virginité. Il est au milieu du débat public. Il n’est pas pris avec la question nationale, n’ayant aucune obligation de profession de foi fédéraliste ou nationaliste. Étant au centre, il peut ramasser des électeurs comme des politiciens au sein des deux grands partis, sans que personne ait l’impression de trahir ses propres convictions.
De toute façon, il ne faut pas rêver en couleur. Tous les électeurs veulent un virage de la gouvernance actuelle. Le problème est que chacun penche vers une direction différente.?
– Jeannot Vachon, Québec