Obamacare : Un juge conservateur sauve la réforme de la santé
Jeudi, la Cour suprême des États-Unis a choisi de ne pas invalider la réforme des soins de santé sur la base de la constitution américaine. Il s’agit évidemment d’une victoire pour Barack Obama qui, contre l’avis de la plupart de ses conseillers, a insisté pour la pousser au Congrès dès le début de son mandat. Au beau milieu de la récession, le président avait choisi d’investir une grande partie de son capital politique dans cette réforme.
Le vote s’est joué dans un mouchoir de poche à cinq contre quatre. Tout le monde a été surpris jeudi par un revirement de situation, quand le juge en chef, John G. Roberts, un des conservateurs du plus haut tribunal américain, a fait basculer la décision de la Cour Suprême en faveur de la réforme, alors que le juge Kennedy, qui normalement permet aux Démocrates d’obtenir la majorité, a voté contre.
Écrivant pour la majorité, le juge Roberts, nommé sous George Bush, a affirmé que le mandat individuel, soit l’obligation de tout Américain de se doter d’une couverture d’assurance santé – le point le plus controversé de la réforme– était constitutionnel puisqu’il en allait du pouvoir du congrès d’imposer des taxes. «La disposition de l’Affordable Care Act prévoyant que certaines personnes aient à payer une amende financière pour défaut d’assurance maladie pouvait raisonnablement être qualifiée d’impôt. La Constitution autorise un tel impôt, il n’est pas dans notre rôle de l’interdire ou de passer outre sa sagesse ou son équité», conclut le texte.
Cette réforme historique est l’œuvre personnelle d’Obama, mais c’est surtout la pièce maîtresse de son mandat à la Maison Blanche. Le jugement de la Cour suprême lui permettra peut-être de rejoindre les rangs de Theodor Roosevelt, Lyndon Johnson et Ronald Reagan, ces présidents qui ont profondément marqué l’avenir de leur pays. Si Obama est réélu, l’histoire se rappellera de la réforme d’Obama comme on se rappelle du programme de sécurité sociale de Roosevelt et du programme de Lyndon Johnson de Medicare.
La décision de la Cour Suprême aura également permis au président américain de tenir ses promesses électorales d’amener un vent de changement aux États-Unis. Anticipant déjà les recours futurs de ses adversaires, Obama a déclaré: «ce que nous ne ferons pas — ce que le pays ne peut pas se permettre de faire — est de nous livrer à des batailles politiques vieilles d’il y a deux ans ou de retourner à la situation de l’époque». Un vœu pieux pour ce président qui devra encore passer le test de la réélection.