Critiques CD de la semaine du 27 au 31 octobre 2008
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Thomas Hellman, Bloc Party, Plume Latraverse, Eva Avila et Kaiser Chiefs.

| Évolution |
| Thomas Hellman |
| Prêts, partez (4/5) |
Clairement influencé par la tradition française, la musique folk et aussi le slam, Thomas Hellman se renouvelle sur son plus récent opus. Un peu moins de piano et davantage de sons électroniques et organiques colorent celui-ci d’une teinte très moderne. Ce qui n’empêche pas sa plume sensible (et bilingue) de séduire : «Mademoiselle je vous aime beaucoup trop / But I won’t be sticking around too long/ Caged beasts live half as long…» Même si Prêts, partez a été composé entre Paris et Montréal, Hellman n’abandonne pas la langue de Shakespeare. C’est très bien ainsi, car on aime aussi sa polyvalence.
– Jessica Dostie

| Nouveau party |
| Bloc Party |
| Intimacy (3/5) |
Bloc Party a surpris ses fans il y a quelques semaines en leur offrant de télécharger Intimacy, un album où les deux premières pièces rappellent les beats et effets électros de Chemical Brothers ou des Beastie Boys. Une fois la surprise passée, on retombe parfois en terrain connu (avec des Halo ou One Month Off, plus rock), et le plus souvent dans un monde atmosphérique (avec des Biko, Signs ou Zepherus, qui s’en remettent en grande partie à la voix de Kele Okereke). Un CD audacieux qui donne parfois l’impression d’un puzzle inachevé. Chose certaine, le party se calme en cours de route.
– Christian Duperron

| Vieux routier |
| Plume Latraverse |
| Plumonymes (3/5) |
Plume Latraverse maîtrise un art que peu peuvent se vanter de posséder : il ne s’enfarge jamais dans les fleurs du tapis! Et c’est très bien ainsi. Sa voix de bottine qui chante ses douces folies poétiques, ses deux complices, Concho Gravel et El Globo Labelle, une guitare, une basse et un piano suffisent à faire de Plumonymes un disque simple, efficace, et surtout, 100 % Plume. Un Plume cependant, qui sous des dehors de dur, dévoile sa fragilité certaine, sans rien perdre de son sens de l’humour grinçant et toujours aussi critique.
– Marie-Luce Pelletier-Legros

| Parmi les autres |
| Eva Avila |
| Give Me The Music (2,5/5) |
Après l’album Somewhere Else fait en vitesse après sa victoire à Canadian Idol en 2006, Eva Avila a pris son temps pour revenir avec une offrande plus aboutie. Elle nous présente donc Give Me The Music. La chanteuse y propose un mélange de ballades et de chansons pop bien faites, mais qui ne réussiront certainement pas à faire sortir l’interprète du lot. Eva Avila a une fort belle voix, mais manque toutefois de personnalité. Elle est encore jeune, alors on lui donne une chance. La pièce titre de l’opus, qui est aussi le premier extrait radio, reste encore la meilleure chanson du disque. Cela veut tout dire…
– Geneviève Vézina-Montplaisir

| Pareil au même |
| Kaiser Chiefs |
| Off with Their Heads (2/5) |
«Like a beetle on his back I’ve got to get back on track», entonne Rick Wilson sur Tomato in the Rain, l’un des 11 titres du nouvel album de Kaiser Chiefs. Le chanteur ne croyait pas si bien dire. Avec Off with Their Heads, le quintette donne l’impression de régresser. Guidé par le réalisateur Mark Ronson (Amy Winehouse, Christina Aguilera), le groupe verse une fois de plus dans le britpop… tel qu’on le faisait en 1993. Une copie des premiers CD de Blur, sans les mélodies accrocheuses. Des harmonies vocales à la Beatles, sans la richesse des textes. On aime toutefois la juvénile et insouciante Never Miss a Beat.
– Marc-André Lemieux
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt