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Tolérance et liberté de penser: Un passé garant du présent

Des livres ayant appartenu à Louis-Joseph Papineau et des ouvrages mis à l’index par l’Église catholique côtoient, depuis hier, les nombreuses Å“uvres que possède la Grande Bibliothèque.

L’exposition Tolérance et liberté de penser, qui s’est ouverte hier, présente quelques joyaux de l’Ins­titut canadien de Montréal (ICM), institution laïque du 19e siècle qui a sombré dans l’oubli, mais qui est en quelque sorte le précurseur des bibliothèques publiques de la province.

«Les fondateurs de l’Institut canadien de Montréal étaient très avant-gardistes, a expliqué la commissaire de l’exposition, Michèle Lefebvre. Ils prônaient une démocratisation du savoir, une pensée égalitaire, une ouverture d’esprit et luttaient contre la censure. Si nous regardons les grands principes des bibliothèques publiques d’aujourd’hui, la façon de penser de l’ICM est très similaire.»

C’est ainsi que les libéraux à la tête de l’ICM ont lutté pendant près de 40 ans contre le pouvoir du clergé et ont permis aux membres de l’institution d’avoir accès aux romans censurés d’Alexandre Dumas, au  Coran et à l’Å“uvre de Molière.

«L’ICM a été fondé en 1844 comme une façon d’offrir aux jeunes canadiens-français l’occasion de se cultiver, a indiqué Mme Lefebvre. C’était une façon de leur donner une chance de s’élever dans la société.»

Valeur historique
Bien que la majorité des livres que possédait l’ICM, aujourd’hui propriété de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), n’ont pas de réelle valeur pour les bibliophiles, l’ensemble de la collection témoigne d’un courant idéologique très important dans l’histoire du Québec.

«L’ICM avait à sa tête des Libéraux qui croyaient que les gens avaient droit à une éducation plurielle, à un accès à toutes les ressources et à la possibilité de se faire eux-mêmes une opinion, a noté Michèle Lefebvre. Au Québec, le clergé était si puissant que ça a un peu retardé l’émergence du mouvement. Mais c’est intéressant d’imaginer ce qui se serait passé si les libéraux avaient gagné leur bataille contre le clergé!»

L’ICM a fermé ses portes en 1880 en raison de problèmes financiers, liés notamment à sa bataille contre le clergé. La collection de l’Institut a été récupérée par l’Institut Fraser, qui l’a finalement cédée à BAnQ en 2006.

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