Élections américaines: Obama est-il vraiment revenu dans l’arène?
Dans le débat de mercredi soir, Barack Obama a prouvé à l’électorat américain qu’il était prêt à se battre pour rester en selle. Le ton du débat n’avait rien à voir avec l’atmosphère trop guindée et trop polie du premier et le président ne s’est pas laissé intimider cette fois par son adversaire. Est-il pour autant revenu pour de bon dans l’arène?
Il s’agissait d’un «town hall», c’est à dire un débat où les questions venaient directement de membres du public. Donc, contrairement au premier, le débat ne portait pas sur un thème en particulier. Les candidats se sont donc affrontés sur une série de questions dont l’emploi, l’impôt, l’énergie, l’immigration, la politique étrangère et autres. L’objectif pour chacun était de rejoindre les électeurs indécis, un groupe parmi lequel figurent plusieurs femmes.
C’était l’occasion pour Obama de rappeler les positions de Romney sur la contraception, l’avortement et son refus de financer l’organisme Planned Parenthood. De son côté, Romney a affirmé que 3,5 millions de femmes avaient perdu leur emploi depuis l’entrée en fonction de Barack Obama.
Le président a tenté de présenter son rival comme un pantin des grandes compagnies pétrolières, qui se plie devant la Chine, qui adopte une ligne dure face à l’immigration et qui dit une chose et son contraire sur la question des armes à feu et de l’énergie. Romney, de son côté, a présenté la présidence de son rival comme un échec, avec des billions de dollars de dette et des millions d’Américains sans emploi.
Ce qu’on retient particulièrement de ce débat, c’est surtout l’agressivité du président, qui a sorti les griffes. Dès les premières minutes, Obama a confronté Romney sur son refus de financer le sauvetage de l’industrie automobile et tout au long du débat, qui a duré 90 minutes, il n’a pas hésité à accuser son rival de mentir sur plusieurs points.
Le débat de mercredi soir aura permis d’égaliser la partie entre Obama et Romney, mais rien n’est encore gagné pour l’un ou l’autre des candidats, quoique le président détienne une légère avance dans les sondages. Romney a intensifié sa campagne dans les neuf états clés et y a injecté 12 M$ supplémentaires. La performance d’Obama à ce débat aura au moins comme effet de lui enlever un peu de pression pour le prochain.