Clôture du Festival de jazz: Montréal se déguise
Ils n’étaient qu’une poignée à avoir répondu à l’appel des organisateurs et à être venus déguisés pour la parade de clôture du festival hier. Mais, déguisés ou pas, les Montréalais étaient nombreux sur les trottoirs de la rue Sainte-Catherine pour voir passer le défilé et ses 600 artistes.
Et de fait, pour un mardi gras, les échassiers, accrobates, marionnettistes et autres danseurs ont réussi à donner un ton résolument carnavalesque à la parade. Burlesque tout d’abord, avec quelques danseurs étoiles en tutus trop étroits. Arrivent ensuite de petits groupes de comédiens masqués aux nez pointus, aux visages blancs, jouant de courtes scènes amusantes tout en défilant.
Carnavalesque ensuite, avec un groupe de jeunes femmes aux plumes colorées portées bien haut au-dessus de la tête, ambiance samba et drapeaux brésiliens à l’appui. «C’est super, apprécie l’un d’entre eux. À Montréal, il manquait un jour de carnaval, avec son côté «fou». Là où tout est permis.?C’est aussi un très bel hommage à La Nouvelle-Orléans.»
En effet, pour cette parade, les organisteurs du festival tenaient à mettre en lumière la ville où le jazz est né. La Nouvelle-Orléans avait donc prêté pour l’occasion 10 chars allégoriques faisant partie de sa parade annuelle. Entre les danseurs de capoeira et un groupe de joueurs de cornemuse, les chars et leurs masques surplombaient la foule, ce qui leur permettait d’être appréciés de loin.
Le temps que les derniers artistes gagnent la rue Jeanne-Mance, Zachary Richard et son groupe s’était installé au milieu de la place des Festivals, sur une scène pécialement installée pour eux. Dans cette disposition, le chanteur originaire de Louisiane parraissait très proche du public, dans une mise en scéne très simple puisque débarassé des jeux de lumière sophistiqués de la grande scène. Accordéon, harmonica, piano et basse, il n’en fallait pas plus aux musiciens pour embaler la foule avec des airs traditionels du repertoire louisianais.
Après une (trop) courte demi-heure, Zachary Richard a cédé la place au Soul Rebels Brass Band. Le groupe louisianais est arrivé sur scène après avoir traversé le public sur un air festif. Il a servi aux spectateurs un mélange de jazz et de soul avec des accents hip-hop et R&B, toujours dans un esprit rythmé et dansant. Pour clôre cette 31e édition du festival, les organisateurs n’ont pas fait les choses à moitié en faisant appel, pour un final 100% louisianais, à Trombone Shorty et à Allen Toussaint.