Sports et trucs : l’hypocrisie face à des secrets de polichinelle
Je suis chaque fois fasciné par le nombre de réactions abasourdies quand un nouveau scandale éclabousse le monde du sport. Comme si depuis la destitution de Ben Johnson, nous n’avions pas tout vu ou entendu sur les travers dans le sport, toutes disciplines confondues.
Je suis content pour Oprah, qui a réalisé un record d’audimat le soir de son entrevue avec Lance Armstrong, mais honnêtement en dehors du fait qu’il ait confirmé qu’il se dopait le champion ne nous a rien appris. C’est la même sensation que j’ai eu face aux révélations de l’Europol qui ont soit disant mis le feu au monde du soccer en mettant la main aux collets de spécialistes de matchs truqués.
À ceux qui insistent qu’il s’agit quand même de plus de 400 individus de plus d’une trentaine de pays. Je concède que l’aspect mondial de l’opération est impressionnant. Rien de plus. Car si on voulait être sérieux, depuis 2009 une enquête de la police allemande avait révélée que des centaines de rencontres internationales étaient truquées.
Quand des arbitres, joueurs ou dirigeants de clubs sont impliqués dans des magouilles locales et que les grandes instances internationales ne se sentent pas concernées, au point de prendre les mesures appropriées, ne vous étonnez pas que le mal s’étende au niveau mondial. La FIFA sait qu’il existe des championnats nationaux où le trucage est érigé en règle, en particulier pour le classement final. Surtout quand il y a un risque d’être relégué.
J’ai surtout aimé la réaction du vice-président de l’Association des clubs européens, l’italien Umberto Gandini, à savoir que si sur 200 000 matches seulement 380 sont truqués, on ne devrait pas s’énerver outre mesure. C’est exagéré de parler de cancer selon lui.
Loin de moi l’idée de banaliser l’évènement, mais avec tous les précédents que le football a connu la magie des paris truqués n’en est plus une. Le schéma de la corruption est connu. Reste à savoir s’il y a une volonté réelle d’en finir ou s’il s’agit une fois de plus de notre hypocrisie face à un secret de polichinelle.