Bon Jovi au Centre Bell: Satisfaction
«Oubliez Lady Gaga, j’étais là du temps de Madonna. Je suis comme le bon
vin, bébé, je deviens meilleur avec l’âge», nous a dit Jon Bon Jovi. Et
on n’était pas prêts de le contredire.
La semaine dernière, Jon Bon Jovi et Richie Sambora confiaient en entrevue à mon collègue Marc-André Lemieux que ce qu’ils rêvaient encore d’accomplir, après toutes ces années de succès, c’était d’«être les Rolling Stones». Et à les voir aller, en concert vendredi soir au Centre Bell, les mecs allaient clairement dans ce sens. C’était big, c’était over the top, c’était du vrai rock d’aréna. «On n’est pas à la télé! Levez-vous!» a lancé le frontman à un amphithéâtre plein, plein, plein, à craquer, après avoir livré, en lever de rideau, Last Man Standing sur une scène séparée du reste de sa bande.
Rares sont les groupes qui arrivent à faire sortir les spectateurs de leurs sièges et qui ne leur donnent pas envie de se rassoir, ne serait-ce qu’une fois dans toute la soirée. Bon Jovi a réussi sur toute la ligne, sans avoir eu à se forcer plus qu’il faut. Se lever? Pas de problème.
Les fans ont été gâtés de deux heures quarante-cinq minutes non stop de hits au total, à l’image de ce que le groupe nous avait proposé en mars dernier. Certaines, voire plusieurs, similitudes étaient d’ailleurs à noter entre les deux prestations, mais qu’importe. Ça a commencé avec Last Man Standing, donc, et ça a fini avec Livin’ on a Prayer. Entre-temps, on a eu droit, entre tant d’autres hits, à You Give Love a Bad Name, Lost Highway, It’s My Life et une explosive Bad Medicine, doublée d’une relecture du Pretty Women de Roy Orbison («J’ai 20 000 femmes devant moi qui attendent qu’on les distrait! Allez-y les gars!», a lancé le leader à ses comparses en introduction à la chose). Something for the Pain, Someday I’ll Be Saturday Night, Have A Nice Day et un Keep the Faith aux allures très Sympathy for the Devil, sur lequel Jon brassait ses maracas comme un déchaîné – ou comme Mick Jagger, c’est selon – étaient également au menu.
Pour les amateurs, c’était du bonbon et au diable le léger manque de spontanéité, les poses toutes faites et les regards jetés directement aux caméras qui cadraient à merveille le visage oh combien lisse de Jon Bon Jovi.
Il y a eu des poings levés, des roses lancées, des pancartes de mots d’amour tendues. Il n’y a pas vraiment eu de moments morts, quoique dans une tournée placée sous le signe des «Greatest Hits», il y a toujours des hits qui seront plus «greatest» que les autres et qui feront danser la foule davantage (voir : Its My Life, Bad Medicine…). Mais au final, les admirateurs ont été plus que satisfaits, et même remerciés pour leur fidélité indestructible au groupe : «Merci pour votre amitié, votre gentillesse et votre soutien, Montréal!» De rien, les gars. Vous reviendrez nous voir…
(D’ailleurs, Bon Jovi revient sur scène ce soir, dans un Centre Bell sold-out, et le 4 mai, date à laquelle il reste quelque places.)