Jake Gyllenhaal: vieillir, quelle aventure!
Jake Gyllenhaal a beaucoup réfléchi au regret dernièrement – et ce n’est pas une mauvaise chose, insiste-t-il. «Si on n’y prête pas attention, on ne peut pas grandir», affirme-t-il à propos du regret. Le sujet suscite bien des discussions depuis la sortie du dernier film de L’acteur, Source Code (Code source), dans lequel il campe un soldat renvoyé dans le passé qui dispose de huit minutes pour entrer en contact avec un homme afin de découvrir l’auteur d’un attentat à la bombe. Et tout le travail d’introspection nécessaire à la composition de ce rôle a mené l’acteur à une conclusion : s’il en avait la possibilité, il n’aimerait pas revivre ce qu’il a déjà vécu. «Je ne referais ni ne revivrais rien, déclare-t-il. Je pense que le regret est un extraordinaire professeur si on sait l’écouter.»
L’idée de porter Source Code au grand écran vient de Jake Gyllenhaal, à qui le producteur du long métrage, Mark Gordon, a d’abord remis le scénario. «Après en avoir lu 15 pages, je me suis demandé ce que j’avais entre les mains, se souvient-il. J’ai posé le scénario en me disant que ça ne pouvait mener nulle part, et que la suite ne pouvait pas être différente des pages que je venais de lire.»
Cependant, en reprenant sa lecture, il a été touché, non par les éléments de science-fiction ou par la complexité de l’intrigue, mais par la dimension romantique de l’histoire. «L’enjeu, pour ce type, n’est pas tant de sauver le monde. Tout commence lorsqu’il ne réussit pas à inviter une fille à aller prendre un café. Puis, il doit se faire exploser huit fois en étant renvoyé dans le passé pour finalement comprendre qu’il faudrait bien qu’il parvienne à lui proposer cette tasse de café, explique Gyllenhaal au sujet de son personnage. Je suis très sensible à ce genre de situation. Parfois, ramasser tout son courage afin de faire une telle demande vous donne l’impression d’exploser intérieurement huit fois.»
Mais avant toute chose, Gyllenhaal avait besoin d’un réalisateur – et il a tout de suite pensé au Britannique Duncan Jones, dont le premier film, Moon, venait d’obtenir un retentissant succès critique. Lors de leur première rencontre, l’acteur a été frappé par le comportement du cinéaste. «Il s’apprêtait à partir en coup de vent pour aller rejoindre une femme. Leur relation avait deux jours et ils étaient tombés amoureux, se remémore Gyllenhaal. Je me suis dit : « Ça, c’est le genre de type qui me plaît. » Quelqu’un qui laisse en plan une réunion professionnelle afin de vivre pleinement sa vie.»
Gyllenhaal dit espérer mûrir avec grâce. L’âge est une question qui le fait beaucoup réfléchir depuis qu’il a soufflé 30 bougies, le 30 décembre dernier. «Si avoir 30 ans m’a appris une chose, c’est que je ne peux pas vraiment choisir entre vieillir et ne pas vieillir! lance-t-il. J’ai l’impression d’avoir de la chance d’être arrivé là. C’est une chose fascinante. Vieillir me donne confiance, m’assure une plus grande sécurité et me permet même de mieux me comprendre.» Il ajoute qu’il aimerait que les rôles qu’on lui propose, alors qu’il avancera en âge, soient en phase avec ce processus.
«J’espère que je pourrai jouer des personnages de 60 ans quand j’en aurai 60, et de 70 ans quand j’en aurai 70. Je n’ai pas l’intention de me faire passer pour un jeunot de 15 ans quand j’en aurai 40.»
Source Code
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