Hobo with a Shotgun: Les limites du sanglant
Un show rock. Voilà à quoi les créateurs de Hobo with a Shotgun comparent leur film. «On veut que les gens crient, rient, soient figés d’horreur, peu importe, mais on veut qu’ils aient une réaction! lance le producteur Rob Cotterill. On repousse les limites, mais on essaie de faire en sorte que les gens s’amusent à travers tout ça.»
Il est en effet difficile de rester de marbre devant l’océan d’hémoglobine dans lequel baigne Hobo with a Shotgun : un sans-abri, fraîchement débarqué dans une ville où une famille de gangsters sème la terreur, décide de remettre un peu d’ordre dans le patelin… une balle à la fois. C’est dans une pizzeria où ils se réunissent souvent pour des séances de remue-méninges que les trois compères Jason Eisener (réalisateur), John?Davies (scénariste) et Rob Cotterill (producteur) ont eu l’idée de Hobo with a Shotgun. «Notre ami Mojo était là, se souvient Eisener. Il a de longs cheveux fous, il portait un chandail taché et il venait de s’acheter un de ces fusils à air comprimé, et il nous a dit 😕 »Pourquoi ne faites-vous pas un film sur moi? » John l’a regardé de haut en bas et a répondu : « Quoi??Un sans-abri avec une carabine? »»
Cette idée ayant frappé l’imagination des trois amis, ils l’ont gardée en tête… jusqu’à ce qu’ils entendent parler d’un concours lancé par le festival?South by Southwest et Robert Rodriguez, qui proposait aux jeunes cinéastes de soumettre une fausse bande-annonce qui pourrait être insérée dans le projet Grindhouse. Et Hobo with a Shotgun a obtenu tant de succès qu’Eisener, Davies et Cotterill ont eu l’occasion de le développer au-delà de la simple bande-annonce. Et les trois jeunes hommes ont été confrontés à la réalité de la réalisation d’un long métrage…
«Si on s’était basés sur le scénario qu’on avait écrit au départ, le film nous aurait coûté 20 M$ au moins à faire! rigole Jason Eisener. On a dû être réalistes… mais c’était une bonne chose, puisque le fait d’avoir peu de moyens force à être créatif et à trouver des idées qui ne coûtent pas cher, mais qui sont aussi efficaces que de gros effets spéciaux.»
Les cinéastes n’ont toutefois pas eu à faire une croix sur tous leurs désirs puisque Rutger Hauer tient le rôle principal de ce premier long métrage. «C’est mon acteur préféré de tous les temps, affirme Jason Eisener. Alors, quand on nous a demandé de faire des suggestions d’acteur, son nom est sorti immédiatement, sans qu’on pense vraiment que ce fut possible… et pourtant, je lui ai parlé sur Skype peu de temps après et il a presque immédiatement accepté!»
Hobo with a Shotgun est la deuxième bande-annonce de Grindhouse, après Machete, de Robert Rodriguez, a être transformée en long métrage. Mais Jason Eisener ne craint pas la comparaison négative : «Hobo with a Shotgun est un hommage aux films de genre des années 1970 et 1980, et déjà, ils avaient à se mesurer aux grosses pointures hollywoodiennes. Ils devaient donc s’arranger pour se démarquer, même s’ils n’avaient pas les moyens de se payer de gros effets spéciaux.»
Le réalisateur assure que l’effet de surprise est le plus grand allié de son genre de film : «J’adore quand, dès le départ, on met en scène quelque chose à quoi les gens ne s’attendent pas, que le public se dit 😕 »Mais non, ils ne vont pas faire ça… » et qu’on le fait. Ça les tient en haleine pour le reste du film, puisqu’ils savent qu’on ne recule devant aucun tabou!»
Hobo with a Shotgun
En salle dès vendredi