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Lady Gaga impériale avec «The Mayhem Ball» au Centre Bell

Le spectacle de Lady Gaga, The Mayhem Ball, à Paris en novembre 2025.
Lady Gaga à Paris en novembre 2025. Photo: Courtoisie - Nicko Guihal / evenko

Du cinéma, du théâtre, un voyage immersif… Appelez cela comme vous voulez, Lady Gaga a probablement offert l’un des plus mémorables concerts de l’histoire du Centre Bell, jeudi, à la première de trois représentations québécoises de son spectacle The Mayhem Ball.

Envoûtant, renversant, hallucinant: ceux et celles qui y étaient ne ménageront assurément pas les superlatifs pour décrire ce moment unique passé en compagnie de Lady Gaga.

C’est son premier à Montréal depuis novembre 2017. Le bruit courait que Miss Gaga en jetait plein la vue avec cette tournée dérivée de son album Mayhem, paru il y a un an. La chanteuse renoue avec ses racines pop après avoir tâté d’autres styles (notamment le jazz) dans les dernières années.

Gothique et tête de mort

La rumeur ne mentait pas. Pour vous donner une simple idée: un générique de fin – où défilent beaucoup de noms! – clôt la soirée, comme dans les films! Et il est tout à l’honneur de l’artiste principale d’ainsi célébrer son entourage, car ses généreux fantasmes créatifs étalés sur près de 2h30 n’ont sans doute pas été simples à réaliser.

C’est un concept presque cinématographique que déploie la chanteuse dans The Mayhem Ball. Le spectacle se scinde en quatre grands actes (avec des noms comme And She Fell Into a Gothic Dream et The Beautiful Nightmare That Knows Her Name), sous un grand thème: The Art of Personal Chaos.

Laday Gaga et ses danseurs défilent devant un crâne géant pendant le spectacle The Mayhem Ball.
Lady Gaga à Paris en novembre 2025.

Nous sommes dans une ambiance gothique, horrifique par moments. Lady Gaga peut jouer les impératrices autant que les vampires. Rockeuse avec sa guitare au cou ou recueillie en mode piano-voix, ses propositions s’harmonisent sans rupture de ton, sans la plus minime incohérence. Tout, dans The Mayhem Ball, a clairement été pensé, calculé, vérifié.

Surplombant la scène, un vaste écran retransmet les moindres facéties de l’idole, qu’on cherche parfois au sol tant il y a de danseurs et d’effets spéciaux à zieuter autour d’elle. Ce qui n’est pas peu dire, parce qu’elle est dure à rater, la coquine. Parfois, la Lady Gaga de l’image s’extrait de son écran dans un savoureux trucage en trois dimensions.

Sur la scène, une façade de balcons superposés. Gaga et sa cour s’y éclatent dessus, dessous, autour, de toutes les manières. Dans le même rayon, sous l’écran, les décors changent constamment selon la mise en scène qui accompagne la chanson. L’un des plus frappants morceaux demeure cette tête de mort géante au beau milieu de l’espace, au troisième quart.

Une vraie dame de cœur

Les costumes et les chevelures se succèdent aussi, bien sûr. Tignasse noire ou blonde, robes volumineuses ou sobres, épaulettes de fourrure, perles à n’en plus finir, capes et justaucorps… Gaga ne serait pas Gaga sans ses looks flamboyants!

Dans ses interprétations, aucune fantaisie n’est à l’épreuve de notre jubilaire, qu’il s’agisse de se coucher dans un carré de sable pour cajoler un squelette ou de se retrouver face à elle-même, incarnant le bien et le mal.

On est dans l’atmosphère du Jugement dernier ou de la discothèque. À chaque tableau sa couleur. Sa teinte reflétée par les bracelets interactifs portés par les gens dans les gradins, conçus par la firme québécoise Pixmob. Ses éclairages adaptés et toujours spectaculaires.

Lady Gaga pendant le spectacle The Mayhem Ball, à Paris en novembre 2025.
Lady Gaga à Paris en novembre 2025.

Et sur la longue passerelle s’étendant droit devant la scène, menant Lady Gaga tout près de son assistance en liesse, les processions dansées sont fréquentes. Pendant Paparazzi, un interminable voile blanc recouvre ladite passerelle, traîné par une Lady Gaga en béquilles, amochée. Celle-ci joue tous les états dans The Mayhem Ball, de l’exaltation à la détresse, multipliant les références et les originalités.

Quand elle en descend, de sa passerelle, pour aller faire un tour au parterre sur Vanish Into You, effleurer des mains et des bouts de papier tendus, on se dit qu’on a affaire à une vraie dame de cœur. Idem à la toute fin, au rappel, quand Gaga part des coulisses, entourée des membres de son équipe – on les suit sur vidéo –, sur How Bad Do U Want Me, qu’ils font tous irruption sur scène, et qu’ils viennent remercier un à un par la suite.

Tubes d’hier et aujourd’hui

Musicalement – il y a tellement à regarder dans The Mayhem Ball qu’on pourrait presque oublier la trame sonore. Et pourtant, quelle voix, que celle de Lady Gaga, qui chante en temps réel, qui ne fait même pas lip sync pendant qu’elle s’épivarde aux quatre coins de son terrain de jeu. Madame Germanotta de son vrai nom a le bon goût de mélanger le nouveau matériel de Mayhem à ses plus vieux succès, qui ne manquent pas de faire hurler la foule.

Le mélange est harmonieux. Les tubes (Judas, LoveGame, Alejandro, Just Dance, Million Reasons, The Cure), judicieusement disséminés en cours d’actes.

Abracadabra, l’une de ses plus récentes bombes, arrive en deuxième piste, dans un tapage de feux d’artifices, de lumière rouge et de cris de spectateurs endiablés, pendant que notre maîtresse de cérémonie semble décréter que la Terre lui appartient, juchée au sommet de sa jupe d’une hauteur indescriptible – rouge, bien sûr – sous laquelle sont emprisonnés ses danseurs. Non loin, deux énormes crinolines jaunes ajoutent à la démesure du segment.

Jeu de dames grandeur nature sur Poker Face, joli drapeau aux couleurs LGBTQ brandi juste sous le nez de la star pendant Born This Way, balade en chaloupe sur Shallow, Gaga morte-vivante ensanglantée sur Bad Romance

Dans sa langoureuse Edge of Glory au piano – alors qu’elle se permet souvent de se pencher vers ses fans et de les admirer –, notre souveraine glisse un «Montréal» qui réjouit sa horde. D’ailleurs, quand elle parle, Lady Gaga le fait souvent en français, comme lorsqu’elle s’exclame: «Qu’on lui coupe la tête!», à la fin d’un combat épique.

Lady Gaga seule au piano pendant son spectacle The Mayhem Ball, à Paris en novembre 2025.
Lady Gaga à Paris en novembre 2025.

On conseille généralement de garder nos cellulaires dans nos poches dans les concerts. Au Mayhem Ball de Lady Gaga, gâtez-vous: filmez comme s’il n’y avait pas de lendemain. Car vous voudrez certainement vous rappeler de tous les détails de ce grabuge savamment maîtrisé par l’une des plus grandes divas à avoir embrasé la planète pop mondiale. 

Lady Gaga présente à nouveau The Mayhem Ball au Centre Bell le vendredi 3 et lundi 6 avril.

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