Le maire Tremblay invite les indignés à plier bagage
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a invité lundi par un communiqué de presse les participants
au mouvement Occupons Montréal à quitter le square Victoria. «Les indignés peuvent quitter la tête haute», affirme le maire dans son communiqué, puisque leurs préoccupations ont été entendues.
Tout en affirmant que Montréal a «clairement dé-montré qu’elle était une ville tolérante», le maire soutient que la notion de sécurité, qui doit primer sur tout le reste, n’est plus assez respectée. Les indignés n’ont toutefois pas reçu d’avis officiel de la part de la Ville. Israël Marcotte a vu le communiqué adressé aux médias, mais rappelle qu’aucun indigné n’a eu de contact avec le maire ou son équipe. «On ne se sent pas attaqués. On comprend qu’on occupe un terrain de la Ville, mais on comprend surtout dans le ton du maire qu’on n’est pas une nuisance.»
Le participant à Occupons Montréal affirme qu’il vit un jour à la fois pour le moment. «Si jamais nous recevons un avis officiel de la Ville, nous pourrons invoquer que nous avons respecté toutes ses conditions jusqu’à présent.»
Division sur le campement
Des indignés avaient convoqué les médias lundi au square Victoria pour annoncer la «Phase 3» du mouvement, c’est-à-dire des actions «directes et pacifiques» dans les jours à suivre. Mais pour le reste, les annonces sont restées minces. Des indignés du noyau dur ayant quitté le campement ont rappelé que l’occupation du square se poursuivait. Signe toutefois d’une dissension au sein du mouvement, certains occupants du square n’étaient pas au courant de la tenue d’une conférence de presse.
Une assemblée générale d’urgence s’est tenue en soirée pour expliquer à tous les motivations de la «Phase 3». Malgré les divisions apparentes, l’indigné Jamie Klinger soutient que la volonté de changer le monde unit tous les indignés. «Durant l’assemblée, nous étions un petit groupe à donner des gros câlins aux gens. On devrait faire ça dans le monde, pour un monde plus uni!»
Une vague d’indignés quitte
Certains organisateurs du mouvement Occupons Montréal souhaitent prendre une distance par rapport au campement du square Victoria. Aux prises avec des problèmes de bagarres, de toxicomanie et d’itiné-rants au passé psychologique lourd, des indignés tentent d’éviter de s’engluer dans l’administration du quotidien du campement. Entre 12 et 15 organisateurs présents depuis le début du mouvement ont quitté le campement lundi.
«On a doté le campement d’une structure démocratique avec une assemblée générale et des comités, a expliqué Stéphane Marceau, 40 ans. On pense qu’ils ont maintenant la maturité pour se responsabiliser.»
Cet infirmier père de deux enfants qui campait au square depuis un mois a décidé de quitter les lieux, mais il viendra régulièrement faire des rondes pour assurer une surveillance médicale.