Bronson, un homme d’Action
Qui est Action Bronson? Un homme originaire de Queens. Un admirateur de Steven Seagal. Un fin gourmet. Un rappeur qui monte.
Barbe rousse, look qui détonne, carrière de grand chef cuisinier derrière la cravate, Action Bronson, de son vrai nom Arian Asllani, commence à faire pas mal de bruit. Et pas pour rien. En effet, ce grand gaillard ne mâche pas ses mots, ni en entrevue ni sur disque. D’ailleurs, lorsqu’on le joint au téléphone, «la cassette», comme on dit, il ne la sort pas. Il parle avec franchise de ses croyances, de celles de ses parents – mère juive, père musulman – et de l’ignorance que les gens ont, à son avis, de la culture et de la musique new-yorkaises, ponctuant le tout de jolis jurons.
Aimant jouer avec les mots, les gros comme les autres, le rappeur qui a autrefois travaillé dans les cuisines des plus chic restos insère une multitude de références à la bouffe dans ses textes. Une de ses premières mixtape, parue en 2011, portait d’ailleurs le titre évocateur de Bon Appetit ….. Bitch. Du coup, dans tous les articles qu’on peut lire sur lui, son ex-boulot occupe autant de place, sinon plus, que son parcours musical.
Es-tu fatigué qu’on te parle de ta carrière de cook autant que de ta carrière de rappeur, Bronson? «Non. Ce qui me fatigue, par contre, c’est la même question débile qui revient tout le temps : “C’est quoi ta recette préférée?” J’adore parler d’art culinaire. Ce dont je n’aime pas parler, c’est de conneries.»
Au début de l’été, l’artiste lançait Saaab Stories, la première de ses offrandes à paraître sous étiquette Atlantic, une filiale de Warner. On lui parle de la diversité de sonorités qui marque cet album. Il répond en s’énervant contre son label. «C’était juste un EP! Genre, sept chansons! Va savoir pourquoi, Atlantic voulait absolument que je fasse un maxi. Pour fucking-quoi? Je n’en ai aucune idée.»
C’est aussi ce EP qui a valu à «Bronsolino» un article acerbe sur le site Pitchfork. Dans l’article en question, la bible hipster lui reprochait de parler des femmes de «manière réductrice dans ses textes». Mauvais souvenir, visiblement. La mention de cette critique semble l’irriter autant que la critique en elle-même. «Tout le monde a droit à son opinion. Mais… qui sont ces enfoirés? Non, sérieusement. Qui sont ces gens qui pensent qu’ils me connaissent? Je ne parle pas en mal des femmes! Pas de manière plus démonstrative que n’importe quel autre humain qui rappe!»
Cela réglé, le sujet clos, on se tourne vers The Rockers, une collaboration parue sur Saaab Stories, signée Action et Wiz Khalifa. Le même Wiz qui nous confiait un jour «être un disciple des trois W». À savoir, whisky, women and weed. Et toi, Action, tu communies au même autel? «Nah… Fuck ça. Moi, je suis un disciple des terrains de baseball où je m’enfile des putains de grosses bières. Je suis un disciple de New York.»
Action Bronson avec Danny Brown
Au Théâtre Telus ce mercredi à 21 h