Plusieurs ponts pourraient miser sur l’aluminium
La ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, se réjouit des conclusions d’une récente étude de marché qui ouvre la voie au développement du marché de l’aluminium sur les ponts.
Selon cette étude de marché rendue publique par l’Association de l’aluminium du Canada (AAC) mercredi, de 500 à 700 ponts, qui doivent être remplacés ou rénovés annuellement dans l’est du Canada et le nord-est des États-Unis, pourraient intégrer un tablier en aluminium dans leur structure. L’AAC, qui compte comme membres Alcoa, Aluminerie Alouette et Rio Tinto Alcan, soutient que ces ponts de 30m sont tout indiqués pour maximiser la place de l’aluminium dans leur construction.
«La réfection de ponts est un domaine pouvant contribuer largement à accroître notre expertise [dans l’industrie de l’aluminerie]», a fait savoir la ministre à l’issu du dévoilement de cette étude.
Le ministère des Finances et de l’Économie a également contribué à 50% des coûts de l’étude, soit à hauteur de 35 000$. Il affirme que cette étude «est en lien direct avec sa mission qui est de soutenir la croissance économique et le développement des entreprises québécoises de tous les secteurs d’activités». Cette étude pourrait mener à plus de transformation et d’exportation de nos produits issus de l’aluminerie, ont-ils fait savoir.
«Il y a peu de connaissance dans l’intégration de l’aluminium aux structure des ponts au Québec, alors que nous sommes un fournisseur majeur», a admis Jean Simard, président-directeur général de l’AAC.
Traditionnellement, l’acier, le béton et le bois sont davantage des structures utilisées pour les ponts.
«On fonctionne sur des perceptions basées sur des données historiques. Avant, il y a déjà eu des cas de corrosion avec l’aluminium, parce qu’on avait de mauvais alliages. Mais maintenant, il y eu des changements majeures dans les techniques de soudure et d’alliage.»
Aujourd’hui, avec de nouvelles connaissances, M. Simard soutient que l’aluminium permet une solution économiquement et techniquement viable pour la réfection des ponts.
«L’aluminium a une longévité plus grande, est plus léger, et offre la possibilité de faire le travail dans un court délais», affirme le président de l’AAC.
Si l’aluminium n’est pas encore inclut dans les matériaux offerts dans les appels d’offre du ministère des Transports du Québec (MTQ), la situation pourrait changer. Mais le gouvernement est toujours en réflexion.
Le MTQ réalise actuellement un projet-pilote à Saint-Ambroise au Saguenay-Lac Saint-Jean où il construit un premier pont de démonstration dont le tablier sera en aluminium extrudé. S’il en tire des conclusions positives, il pourrait commencer à intégrer l’aluminium comme choix de matériau aux appels d’offres, selon M. Simard.
Répercussions économiques
Le secteur de l’aluminium au Québec, c’est :
- 9 alumineries
- 11 000 emplois directs
- 20 000 emplois indirects
- 5 000 emplois directs dans les entreprises de transformation
- Des activités économiques générées par les quelque 4 200 fournisseurs et équipementiers
(Données fournies par le ministère des Finances du Québec)