Un ex-premier ministre va faire dans le gaz!

Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec, agira dorénavant à titre de porte-parole de l’Association pétrolière et gazière du Québec, et ses honoraires seront défrayés par la pétrolière albertaine Talisman. La nomination de Lucien Bouchard arrive à un moment où l’industrie en arrache sur tous les plans.

D’abord, le prix du gaz naturel sur le marché nord- américain s’entête à rester bas; c’est que l’exploitation du gaz de schiste a provoqué une surabondance sur le marché. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le prix du gaz naturel en Amérique du Nord restera faible pour les 10 prochaines années. Sans préciser s’il s’agit là d’une conséquence des bas prix,  la chaîne états-unienne CBS souligne que les gazières ont réduit considérablement leurs investissements en Pennsylvanie.

Ensuite, les prétentions du gaz naturel au titre de combustible «propre» sont contredites les unes après les autres. L’économiste en chef de l’AIE prévient que le gaz de schiste pourrait retarder l’émergence d’énergies beaucoup plus propres et nuire à la lutte contre les changements climatiques. C’est qu’un gaz naturel abondant et à bas prix fera une compétition encore plus féroce à l’énergie éolienne ou solaire.

Selon l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA), les émissions de GES dues à l’exploration et à l’exploitation du gaz de schiste sont 3 500 fois plus élevées (oui, j’ai bien dit trois mille cinq  cents fois!) que ce qu’on croyait jusqu’à maintenant. Le Dr James Hansen, chercheur éminent du Goddard  Institute for Space Studies de la NASA, croit que nous allons tout droit à la catastrophe climatique si nous nous mettons à exploiter les hydrocarbures non conventionnels comme les gaz de schiste.

Les événements climatiques extrêmes qu’ont connus les résidants de la Gaspésie, de la Côte-Nord et du Bas-du-Fleuve en décembre 2010 nous indiquent clairement que nous sommes déjà entrés dans une zone de dangerosité climatique. Ce qui s’impose dans ce contexte, c’est de réduire nos émissions ainsi que de développer les énergies renouvelables. Le gaz naturel peut peut-être jouer un rôle dans cette lutte, mais si et seulement s’il sert à remplacer des carburants moins propres pour être lui-même éliminé dans un avenir rapproché.

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