Les gaz de schiste ont-ils leur place au Québec?

Je ne suis pas contre l’utilisation du gaz naturel. De l’avis de l’ensemble des experts, ce combustible, plus propre que le charbon et le pétrole, jouera un rôle important dans le passage à un monde où les émissions de GES seront très faibles. C’est particulièrement vrai en Amérique du Nord, où on utilise encore beaucoup le charbon pour la production d’électricité.

Le cas du Québec est cependant une exception : ici, l’impact positif du gaz naturel est loin d’être évident. Cela vaut tant du point de vue environnemental qu’énergétique. Avant que les gaz de schiste puissent jouer un rôle positif au Québec, plusieurs questions  doivent obtenir réponse. Comment le Québec entend-il atteindre ses objectifs ambitieux de réduction de GES tout en exploitant et en brûlant les gaz de schiste? Ceux-ci vont-ils servir à remplacer des combustibles plus polluants comme le charbon, utilisé par les cimenteries québécoises? Qu’en est-il des énormes quantités d’eau requises pour l’exploitation des gaz de schiste et de la contamination possible des nappes phréatiques? Finalement, comment allons-nous tenir compte de la volonté des communautés affectées par cette exploitation?

Malgré l’annonce d’audiences publiques sur la question, Équiterre (le groupe pour lequel je travaille) maintient que l’imposition d’un moratoire sur les gaz de schiste demeure nécessaire. Il n’est pas normal que les citoyens et les élus municipaux apprennent par les médias l’arrivée chez eux de caravanes de prospecteurs. Le Québec n’est pas le Far West! Un temps d’arrêt est plus que nécessaire.

Les six premiers mois de l’année ont été les plus chauds jamais enregistrés depuis qu’on tient des statistiques (1880). En Russie, les températures historiques ont provoqué une hausse de  la mortalité de 50,7% à Moscou; la sécheresse coûtera à la Russie 1 % de son économie! Au Pakistan, les meilleurs experts mondiaux du climat sont d’avis que les inondations catastrophiques sont très probablement liées aux changements climatiques.  Il faudrait réfléchir à tout cela et imposer un moratoire à toutes pratiques potentiellement polluantes.

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