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Masson Est, le "Bronx" de Rosemont

Beauchemin Philippe - TC Media
L’est de la rue Masson, compris entre les boulevards Saint-Michel et Pie-IX, a grandement besoin de revitalisation. Terrains vacants, signature architecturale inexistante, mobilier urbain désuet, manque de verdure et de poubelles, présence d’îlot de chaleur et problèmes de sécurité sont considérables dans ce tronçon, que certains résidents ont rebaptisé le « Bronx » de Rosemont.

Pour remédier à la situation et enfin changer le visage de Masson Est, le maire voit une solution: assurer – voire exiger – la présence d’une trame commerciale continue entre les boulevards Saint-Michel et Pie-IX.

« On a un message pour ceux (les promoteurs immobiliers) qui veulent faire des condos: il faudra des locaux commerciaux au premier étage de vos immeubles si vous voulez développer vos projets. On veut favoriser le commerce local dans notre arrondissement et puisqu’il y en a moins de ce côté de Masson, on ne fera pas l’erreur qui a déjà été commise de ne pas exiger du commercial », laisse savoir François W. Croteau.

Du côté de la Société de développement commercial (SDC) Promenade Masson, on voit d’un bon œil cette exigence commerciale de la part de l’administration politique locale. « Actuellement, à l’est de Saint-Michel, la trame commerciale est entrecoupée par du résidentiel, ce qui ne favorise pas le développement de cette portion de Masson, constate André-Marie Coudou, le président du conseil d’administration de la SDC. Mais si le maire exige la présence de commerces au niveau de la rue, on ne voit absolument pas pourquoi on (la SDC) ne pourrait pas se rendre jusqu’à Pie-IX. Ça augmenterait les services offerts pour tous les commerçants. Par contre, il faut que toutes les conditions gagnantes soient réunies pour voir ce secteur se développer, et ce n’est pas le cas pour l’instant. »

Besoin d’amour et problèmes sociaux

Tout comme pour Espace Affaires Rosemont, situé à l’ouest de la rue D’Iberville, Masson-Est a « besoin d’amour », dit le maire Croteau.

« Actuellement, c’est terrible comme situation. L’accès au commerce local est inexistant. Et puisque les gens s’installent là où il y a du commerce de proximité, on se retrouve dans une impasse. C’est comme l’œuf et la poule: il n’y a pas de développement commercial parce qu’il n’y a pas d’intérêt pour investir dans ce secteur. Et puisqu’il n’y a pas d’investissement, les gens n’ont pas le goût d’aller y vivre. Pourtant, en augmentant le nombre de commerces et en changeant l’image de Masson Est, ça permettrait de régler les problèmes sociaux importants de ce secteur. »

Il suffit en effet d’aller s’y promener, de jour comme de soir, pour constater que Masson Est est souvent le lieu d’actes suspects. Le poste de police (PDQ) 44 dresse d’ailleurs une courte liste des problématiques rencontrées sur ce tronçon: présence de graffitis, vols qualifiés au dépanneur Couche-Tard (coin Bourbonnière), actes d’incivilités et altercations au bar Chez Alex (coin de l’avenue Jeanne-d’Arc), plaintes de citoyens concernant la vente de stupéfiants, présence de personnes ayant un problème de santé mentale, etc.

L’agent sociocommunautaire Josée Mireault laisse cependant savoir que pour l’instant « il n’y a pas vraiment de problématique de sécurité et de crime sur ce tronçon. (…) Concernant la possiblement la vente de stupéfiants dans le coin, aucun élément ne nous laisse croire qu’il y a vente. (…) Pour améliorer le sentiment de sécurité de concert avec la Ville, il faudrait veiller à enlever les graffitis, revitaliser le devant des immeubles et veiller à la propreté et la tranquillité des lieux », nous écrit-elle.

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