De Mercier-Est à Chicago
En faisant parvenir son enregistrement aux organisateurs du concours, la flûtiste était loin de se douter qu’elle l’emporterait.
« Je me suis inscrite sans attente particulière. On espère toujours gagner, mais je ne voulais pas y penser. Je souhaitais simplement acquérir une nouvelle expérience.
« Quand ils ont annoncé mon nom sur la grande scène, j’ai figé avant de m’avancer », se rappelle l’adolescente qui vient à peine de terminer ses études secondaires à l’école Joseph-François-Perrault.
Le concours du prix d’Europe est exigeant. Il se déroule sur quatre jours et n’y participe pas qui veut.
Arianne a d’abord été présélectionnée. Après sa première performance, elle a atteint la demi-finale en compagnie de 29 autres musiciens.
Nouvelle performance, nouvelle étape franchie. Elle se retrouve alors en grande finale avec les meilleurs de chacune des catégories : vent et percussion, corde, piano et chanteur.
Après avoir pris connaissance de la décision du jury, le jeudi tard en soirée, elle n’a que quelques heures pour préparer ses pièces pour la grande finale.
Le lendemain, elle monte sur scène et livre sa prestation. Les quatre gagnants de chacune des catégories sont ensuite dévoilés.
On l’invite à s’avancer puisqu’elle l’emporte dans sa catégorie (vent et percussion). Un seul de ces quatre gagnants sera couronné grand vainqueur du prix d’Europe.
La fébrilité est à son comble et le moment fatidique est arrivé. Le jury fait connaître son choix. Arianne l’emporte. Tous ses efforts sont récompensés. Ceux de la dernière semaine, mais également ceux de toutes ces années passées à perfectionner sa technique.
Le prix de 25 000 $ qui accompagne sa victoire permettra à la jeune femme d’étudier à la De Paul University School of Music, sous la tutelle de Mathieu Dufour, un professeur de renommée internationale et qui est flûtiste solo au sein de l’Orchestre de Chicago.
« Il a lui-même étudié avec les plus grands de son domaine et pour les deux prochaines années, il sera mon professeur.
« Je suis très chanceuse. J’ai bien l’intention de profiter de son expérience pour parfaire mon art et travailler fort », indique la jeune femme.
Le prix d’Europe n’est pas une finalité, mais plutôt le commencement d’un nouveau chapitre pour Arianne, qui rêve maintenant d’occuper un poste au sein d’un orchestre prestigieux.
Elle en parle avec une telle passion, qu’il est difficile de croire qu’elle n’atteindra pas son but.
« Quand on aspire à une carrière musicale, surtout dans le domaine de la musique classique, il ne faut pas compter ses heures. La maîtrise d’un instrument est l’œuvre d’une vie. »