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Rétrospective 2012 : Grands dossiers

Échos du mouvement étudiant

La grève générale des étudiants, en réponse à la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement libéral, a eu des échos bien perceptibles à Villeray.

Les soirées les plus audibles ont eu lieu fin mai, coin Jarry et Saint-Denis, mais aussi sur les balcons des Villerois, où des résidents ont trottiné chaque soir durant quelques semaines, casserole en main. Ils ont aussi envahi les rues pacifiquement à quelques reprises, portant sur une banderole rouge le slogan «La grève est étudiante, la lutte est populaire».

Un seul incident a été rapporté lors de ces nombreuses mobilisations. À l’approche du métro Jarry, un manifestant d’un groupe de 100 étudiants a fracassé la vitrine d’un commerce, ce qui a provoqué une intervention policière et l’utilisation de poivre de cayenne.

Entre autres sympathisants à la cause, 200 élèves au secondaire de l’Académie de Roberval ont déclenché une grève symbolique de trois jours par solidarité envers leurs semblables des cégeps et universités du Québec.

Marik Audet s’est sentie tout particulièrement interpelée par le ras-le-bol généralisé qui a déferlé sur la province, ce qu’on a appelé le «printemps érable». La Villeroise a entrepris une grève de la faim qui a duré plus de 150 heures. L’annonce de la loi 78 (modifiant les règles de manifestation publique) a «coupé la faim» à cette citoyenne non-étudiante.

Des affiches artistiques invitant à ces manifestations sont encore présentes sur les poteaux électriques du quartier, témoins muets de réunions qui auront au moins eu l’heur de rassembler les Villerois.

Fermeture de l’école Saint-Gérard

Après que des membres du personnel et des élèves aient éprouvé des problèmes de santé dus à la présence de moisissures, l’école Saint-Gérard a fermé en janvier 2012. Les 425 élèves ont été relocalisés d’abord au Collège Ahuntsic, durant un peu plus d’un mois, puis à l’école secondaire Georges-Vanier, où ils se trouvent encore.

L’école primaire devrait être partiellement démolie pour être remplacée par une nouvelle, pouvant accueillir près du double d’élèves. Cependant, le délai de relocalisation, qui devait être de 18 mois, est maintenant inconnu. Les fonds permettant le début des travaux se font attendre du ministère de l’Éducation.

Pour assurer la réintégration de l’école le plus rapidement possible, le Regroupement de parents de l’école Saint-Gérard s’est formé après la fermeture de l’établissement.

Villeray refuse les compteurs intelligents

Craignant les problèmes de santé que pourraient causer les nouveaux compteurs d’Hydro-Québec, le groupe de citoyens Villeray refuse s’est formé pour contester la société d’État. Certains membres affirment déjà éprouver des symptômes.

Refus d’installation, demandes de retrait et mises en demeure ont été adressées en vain à Hydro-Québec. Bien que le fournisseur d’électricité assure que les fréquences émises par les appareils sont 130 000 fois inférieures à la norme de Santé Canada, Villeray refuse tient position.

Sami Sheikh menacé d’expulsion

Suivant les conseils d’un conseiller en immigration, la famille de Sami Sheikh, d’origine pakistanaise, a omis de mentionner un court séjour aux Émirats arabes unis à l’immigration canadienne. Alertées par une connaissance de la famille, les autorités ont révoqué le statut de réfugié de la famille Sheikh. Les parents ont fui vers les États-Unis.

Alors que ses sœurs, mariées, ont pu obtenir leur citoyenneté, Sami Sheikh, 24 ans, risque l’expulsion vers le Pakistan, un pays dont il ne connaît pas la langue, où aucune famille ne l’attend. Si aucun changement ne survient, il pourrait être forcé de quitter le pays d’une journée à l’autre. L’histoire du jeune homme de Parc-Extension a suscité un vent de mobilisation qui dépasse les frontières du quartier.

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