Vingt ans et pas une ride!
Des amateurs certes, mais il faudrait peut-être comprendre ce mot dans le sens de passionnés et curieux. Car à voir les décors, les costumes les réglages des lumières, le jeu des comédiens, on peut avancer qu’on a vu déjà pire dans des productions dites professionnelles !
Depuis 20 ans, cette troupe qui n’en finit pas d’enchanter les spectateurs de Pointe-aux-Trembles, est devenue une école pour tous ceux qui n’espéraient jamais faire du théâtre. «Il n’est pas rare de voir un bénévole venu donner un coup de main pour les décors ou les lumières, monter sur les planches pour un petit rôle» nous explique Carole Lafrance, improvisée porte-parole à l’occasion. «Une fois piqués au jeu, ils ne s’en lassent plus» indique-t-elle, amusée.
La troupe monte essentiellement des pièces du répertoire québécois. Mais le dernier spectacle de la troupe RouScène s’intitule «Peinturé dans le coin.» C’est une pièce de Denis Scott, adaptée par Gilles Latulipe et Claude Morin, pour dire que des incursions dans le répertoire international ne sont pas rares. «On a déjà monté des pièces françaises» indique Carole Lafrance, qui a aussi écrit une pièce interprétée par la troupe par le passé.
A la fin d’un spectacle, il est devenu presque habituel qu’on félicite la troupe, autant pour le contenu de la pièce que pour la scène. «Le public est souvent étonné de voir l’attention que l’on porte aux décors» souligne madame Lafrance.
Est-ce que pour autant la troupe sort de Pointe-aux-Trembles? «Non, nous n’avons jamais pu» regrette Carole Lafrance. La troupe manque effectivement de visibilité en dehors de son rayonnement local. Est-ce pour autant une frustration? «Absolument pas!» objecte madame Lafrance. «L’essentiel pour nous, ce sont nos spectateurs qui se déplacent pour nous et apprécient notre travail», conclue-t-elle.
La troupe a reçu en 2012 le Prix Paul-Buissonneau qui récompense toute la contribution remarquable au développement du théâtre amateur montréalais.