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ArboR’Escence : semer le changement

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Chaque année, des milliers d’ordinateurs et d’appareils électroniques désuets sont envoyés dans les dépotoirs. Afin de sensibiliser les gens à cette réalité, Claudia Balsalobre a décidé de créer une forêt composée de cyberdéchets. Grâce à ses arbres de plastique, elle souhaite semer une « petite graine de changement » dans la conscience des gens.

Bien connue dans son quartier sous le nom de Claudia B., l’artiste écoresponsable est habitée par la matière. Toutes les pièces de sa demeure du Plateau-Mont-Royal sont envahies de boîtes remplies d’objets divers qui étaient destinés à la ferraille (ordinateurs, ustensiles, etc.) et qu’elle a récupérés en bordure du chemin. Dans son atelier trônent des outils de ferblantier; de la machinerie lourde pour travailler des matériaux inusités. N’importe qui se sentirait à l’étroit dans ce capharnaüm, mais la joaillière est dans son élément et a besoin de ce doux chaos pour que sa magie créatrice opère.

Depuis 2004, la femme transforme les détritus en bijoux. Toutefois, l’artiste a récemment décidé de s’atteler à des projets de plus grande envergure.

« Il y a un an et demi, j’ai fait une exposition de bijoux en cyberdéchets. Avec un autre artiste, nous avons fait une murale en cartes-mères et en barrettes de RAM. J’ai aussi réalisé une robe de mariée à partir de touches d’ordinateur. Ça m’a donné le goût de créer quelque chose de grand, afin d’avoir un impact plus important. Le bijou est toujours petit et le message qu’il communique est plus subtil », soutient celle qui avoue qu’une histoire se cache derrière chacune de ses œuvres.

Une forêt belle…comme un arbre!

Avec sa « forêt », Claudia B. désire que les gens réfléchissent à leur (sur) consommation d’appareils électroniques. Elle affirme que le thème de l’arbre s’est imposé de lui-même.

« La notion de l’arbre a toujours été présente chez moi. Ma fille, lorsqu’elle avait 4 ans, me disait constamment que j’étais belle comme un arbre! Or, pour moi, la femme, c’est un arbre. Elle est enracinée dans la communauté, elle porte les fruits et elle se tient droite », explique l’artiste.

Elle souhaite donc réaliser de huit à 10 arbres, en l’espace d’un an, à partir de touches d’ordinateurs de différentes couleurs disposées sur des boîtiers de disques compacts, de manière à former une mosaïque. Un arbre représente environ 150 boîtiers et 50 claviers d’ordinateurs. Pour réaliser ce projet d’envergure, Claudia B. compte organiser des ateliers dans différents milieux (écoles, centre pour personnes âgées, etc.) afin que la population prenne part de manière active au projet. Toutefois, les artistes en herbe ne se contenteront pas d’assembler les pièces, ils devront les nettoyer et les extraire de l’ordinateur.

« Pour moi, c’est important d’offrir une démarche. Je veux qu’une personne qui a pris part à mes ateliers soit capable de recommencer [le processus de récupération et de création] avec n’importe quelle matière.

« L’exposition ArboR’escence s’inscrit dans un mouvement collectif. C’est l’idée qu’un petit geste peut changer le monde. Éventuellement, tous les arbres seront suspendus dans un lieu qui reste à déterminer afin que les gens puissent méditer dans cette forêt virtuelle », avance-t-elle.

Le coup d’envoi du processus de création de l’exposition ArboR’escence sera donné le 21 avril, dans le stationnement du Sanctuaire du Saint-Sacrement (500, avenue du Mont-Royal Est). L’artiste sera sur place de 13 h à 17 h pour réaliser sa mosaïque, avec les passants. Différents organismes environnementaux partenaires du projet tiendront un kiosque d’information. La compagnie Recyc-Ordi sera également sur place pour récupérer les ordinateurs désuets.

Pour en savoir plus, on consulte la page Internet de l’artiste au www.bijoutia.com ou sa page Facebook : www.facebook.com/bijoutia.

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