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Coopératives : le modèle d’affaires de l’avenir ?

Dans le cadre de l’année internationale des coopératives – proclamée par l’ONU – les forces vives du mouvement coopératif montréalais, dont le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), ont lancé une campagne de communication collective pour attirer l’attention sur les valeurs et les succès de ce modèle d’affaires.

À Montréal, près de 800 coopératives oeuvrent dans une multitude de secteurs tels que l’habitation, le milieu scolaire, l’aménagement paysager, le commerce, la culture, etc. Que ce soit en se payant une course avec Taxi Coop, en achetant un document scolaire chez Coopsco, en prenant une bière au Café Campus ou en assistant à un spectacle au Cabaret du Mile End, on participe tous, parfois même sans le savoir, à la croissance du mouvement coopératif d’ici. Et selon le tout Montréal coopératif, les avantages de ce modèle d’affaires sont nombreux.

« Choisir le coopératisme dans ses affaires, c’est placer l’humain au centre de ses activités. C’est participer aux décisions et au résultat et être fiers tout le monde ensemble », soutient Hélène Simard, présidente et directrice générale du CQCM, qui insiste sur les valeurs de démocratie, d’équité et de solidarité qui caractérisent, à son avis, le mode « coop ».

Selon Pierre-Alain Cotnoir, président de la Coopérative de développement régional de Montréal-Laval, la coopérative comme modèle d’affaires offre la possibilité aux individus et à leur communauté d’être les propriétaires d’entreprises démocratiques, dont les retombées profitent aux communautés elles-mêmes. « Une coop ne peut pas être vendue à des intérêts étrangers. Une coop est au service de la communauté, du bien commun et des gens qui sont là, estime-il. Dans une compagnie, c’est celui qui a le plus d’actions qui décide. Dans une coop, il faut convaincre ses collègues sur la base de ses connaissances ». M. Cotnoir soutient que beaucoup de coops se forment actuellement au Québec et que leur taux de survie est plus grand « car les gens ont à coeur de développer un projet [dont ils font partie intégrante] ».

Le Café Campus : un exemple à suivre

Le Plateau accueille son lot de coopératives. L’espace coopératif de travail Ecto, FibrEthik, Webtv.coop, la Coop Vidéo de Montréal, le cabaret Mile End, la coop d’aménagement Ici et Là, les dizaines de coops d’habitation, etc.

« Sur le Plateau, on a la plus forte concentration d’artistes et de travailleurs artisans indépendants au Canada. Pour sécuriser leur occupation des lieux, la formule coopérative en habitation offre une alternative intéressante, dans le sens où un atelier d’artiste peut être combiné avec l’habitation », soutient M. Cotnoir, lui-même résident du Mile End.

Basé sur la rue Prince-Arthur depuis 1993, le Café Campus, né en 1967 sur Queen Mary et autogéré depuis 1981, a été cité, dans le cadre de la conférence du 15 mars, comme étant un inspirant modèle coopératif.

« C’est en 1993 que le mouvement coopératif est devenu notre bouée de sauvetage, a confié Dominique Robert, qui travaille au Café Campus depuis la fin des années 70. De l’association des travailleurs autogérés du Café Campus, on est devenu une coop de travail. Le mouvement coopératif nous a permis d’installer un programme de capitalisation à l’interne qui a contribué à stabiliser notre situation financière ».

Aujourd’hui comptable au Café Campus, Mme Robert a débuté comme serveuse en 1977. « Notre particularité, c’est que tous les postes de bureau (coordination, pub, programmation) sont comblés à partir de la base… C’est-à-dire que tous les travailleurs du Café Campus sont d’abord engagés pour travailler au service (sur les planchers). Lorsqu’il y a des ouvertures de postes, il y a élections et c’est à partir de la base que tous ces postes-là sont comblés. La coop du Café Campus devient ainsi une école pour tous les membres. La gestion participative est très forte à l’intérieur de l’équipe », confie cette dernière.

 

Des chiffres qui parlent -Le secteur coopératif génère 92 000 emplois au Québec. -Au Québec, les coopératives et mutuelles regroupent 8,8 millions de membres et génèrent un chiffre d’affaires supérieur à 25,6 milliards $. -En 2008, près des deux tiers des coopératives constituées au Canada provenaient du Québec. -40% des coopératives du Québec sont situées dans les régions de Québec, Montréal et Laval. -Le Québec, Montréal en tête, compte 84 coopératives oeuvrant dans le domaine des arts et de la culture, soit le nombre le plus élevé au Canada.

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