Le cégep André-Laurendeau perd entre 150 et 200 étudiants
Les dirigeants consultent les étudiants pour savoir s’ils comptent poursuivre ou non leur trimestre d’hiver. La loi 78 prévoyait des réponses avant le 15 juin mais plusieurs ne l’ont pas fait. André-Laurendeau leur laisse une dernière chance avant de leur attribuer une mention d’échec.
Pour le directeur général du collège, Hervé Pilon, «nous avons eu 150 abandons et ce n’est pas banal. On terminera dans les prochains jours le rappel systématique de ceux qui n’ont pas répondu. C’est la tendance dans le réseau. Environ 85 à 90% des étudiants reviennent mais il y a un 5% qui ne reviendront pas et ça pourrait atteindre 10% quand nous aurons terminé le rappel des gens. On prévoit environ 200 abandons au total.»
L’an dernier, le cégep André-Laurendeau a accueilli 2 946 étudiants. Les cours ont été suspendus le 29 février et n’ont jamais repris. L’Association générale des étudiants du cégep André-Laurendeau (AGECAL) fait partie de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).
Reprise le 13 août
La session suspendue devrait reprendre le 13 août et prendre fin le 28 septembre. On prévoit une période de deux semaines pour permettre la correction des travaux. La nouvelle session automne-hiver se mettra alors en marche le 15 octobre.
«Deux choses sont claires. D’abord, 85 à 90 % des étudiants veulent suivre leurs cours et l’association étudiante n’a plus de mandat de boycott. Avec la loi 78, les gens peuvent manifester mais ne peuvent empêcher les 90% qui veulent étudier de le faire. On rencontrera l’association étudiante en août et on veut faire en sorte que les choses se passent pour le mieux.»
62 083,48 $ en gardiens de sécurité
Au cœur du conflit étudiant (avril et mai), le cégep André-Laurendeau a dû débourser 62 083,48 $ pour l’embauche de gardiens afin d’assurer la sécurité du campus.
«C’est après coup que l’on sait si on a bien fait ou non. S’il y avait eu des problèmes, on se serait fait dire qu’il n’y avait pas assez de gardiens. Nous étions sur le qui-vive. En temps normal, on a un minimum d’agents mais de façon ponctuelle, nous avions recours à des agences.»
Conflit avec les enseignants
Et voilà que rien ne va plus entre le gouvernement du Québec et les enseignants de niveau collégial concernant ce rattrapage hivernal.
La Fédération nationale des enseignants croit que la reprise des cours pourrait coûter de 40 à 70 M $, alors que la Fédération des cégeps trouve ces chiffres largement exagérés.
«L’écart est incommensurable. Le gouvernement est prêt à compenser une partie des coûts mais il y a des limites raisonnables qu’il ne faut pas franchir», de conclure Hervé Pilon.