Popoter avec sa communauté
Ancré dans le quartier depuis 20 ans, l’organisme éduque la population sur les enjeux liés à l’alimentation : choix alimentaires judicieux, techniques de préparation, moyens d’économiser en mangeant végé, bio et/ou local, etc.
Bien que le service s’adresse à tous les types de clientèle, certains préjugés persistent.
« Quand on parle de cuisine collective aux gens, plusieurs nous disent : « C’est bien ce que vous faites », comme si on faisait la charité aux gens. Ils n’ont pas compris les quatre étapes des cuisines collectives : on planifie nos recettes, on fait nos achats (en groupe), on cuisine et on repart avec la bouffe qu’on a préparée. Il ne s’agit pas de cuisiner et de repartir chez soi. Il faut s’engager », soutient Martine Hilaire, animatrice au CCGP.
Toutes les raisons sont bonnes pour prendre part aux services des cuisines collectives. Si certains le font pour économiser de l’argent (grâce à l’achat de groupe, ils arrivent à produire des mets dont le coût par portion est inférieur à 1,60 $!), d’autres y vont plutôt pour briser l’isolement ou pour économiser du temps.
« Tout le monde y trouve son compte. On a des personnes qui viennent de différents milieux. On fait une journée de cuisine, mais c’est aussi un prétexte pour rencontrer ses amis », fait valoir Mme Hilaire.
Selon elle, chaque participant repart avec l’équivalent de 20 mets préparés. Une fois congelés, ils constituent de bonnes alternatives rapides pour les gens qui n’ont pas le goût, ou le temps, de cuisiner au quotidien.
L’alimentation toute crue
Pour souligner la Journée nationale des cuisines collectives, et par le fait même son 20e anniversaire, l’organisme a organisé des activités spéciales. MM. Gagné et Khadir ont réalisé, avec l’aide du chef Maxime Lehmann, du restaurant Crudessence, des sushis végétaliens, du végépâté, des boules d’énergie et des smoothies verts. Ces bouchées ont ensuite été dégustées lors d’une conférence animée par David Côté, co-fondateur du restaurant.
Cette activité s’inscrit directement dans le mandat d’éducation de l’organisme, qui souhaite, par le biais de ses interventions, faire découvrir ce qui se fait un peu partout dans le milieu de l’alimentation.
Le CCGP a également demandé à M. Gagné, lui-même résident du Plateau, d’être le porte-parole de l’événement, puisque son rôle, au sein de l’émission l’Épicerie, se rapproche beaucoup de celui de l’organisme.
« C’est un organisme excessivement dynamique qui fait beaucoup avec peu de moyens. Avec l’émission, on essaie aussi d’avoir une vocation d’éducation populaire. On remplace un peu le cours d’économie familiale. Les plus grands problèmes de santé proviennent de la façon dont les gens mangent », explique-t-il.