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Santé mentale: Nancy Auger voit renaître ses locataires un pas à la fois

Alors que le manque de services résidentiels est criant pour les personnes atteintes de problèmes de santé mentale, une LaSalloise en héberge neuf dans le confort de son foyer. Elle s’implique corps et âme pour leur permettre de reprendre une vie normale.

par Marie-Pier Gagné

«Ma vraie paie, c’est de les voir chaque jour revenir à la vie, se dépasser et s’améliorer, exprime Nancy Auger. La nature humaine me fascine, le désir de rendre les gens plus beaux m’habite.»

Anciennement coiffeuse, la dame a réorienté sa carrière, il y a quelques années. Elle se consacre entièrement aux services résidentiels qu’elle offre aux personnes présentant des problèmes de santé mentale. Formée et assistée par l’Institut Douglas, elle héberge neuf patients, en plus de ses deux enfants et son mari, dans sa grande maison à trois étages de LaSalle. Jour et nuit, elle se dédie à son métier, son cellulaire toujours à portée de main.

«C’est un défi, mais il n’y a rien de plus valorisant», exprime la femme, le sourire aux lèvres.

Chez Mme Auger, les pensionnaires sont nourris, logés et prennent part à plusieurs activités et ateliers. Lors du passage du <@Ri>Messager<@$p>, une ambiance amicale régnait. Installés dans les pièces communes, les résidents discutent, rient et font le ménage, comme le ferait des frères et sœurs, dans le confort du nid familial.

Renaître

Line, qui habite l’une des chambres chez Mme Auger ne s’en cache pas: elle revit depuis qu’elle y est emménagée.

«J’aime tout ici, dit-elle, bien installée dans son sofa en cuir noir. On se sent respectés, l’ambiance est bonne et on se fait des amis.»

Si Line semble plutôt en bonne santé au premier coup d’œil, elle a traversé une période plus sombre au cours des dernières années.

«J’ai travaillé pendant 14 ans comme préposée aux bénéficiaires, mais j’ai été forcée de quitter mon emploi à cause de la maladie, raconte la femme d’une cinquantaine d’années. J’ai fait des psychoses, j’étais maniacodépressive.»

Hospitalisée deux ans avant de se retrouver chez Mme Auger, Line n’a plus qu’un rêve: un jour déménager dans un appartement supervisé.

Passer à l’autre étape

Les appartements supervisés sont un concept que l’Institut Douglas a commencé à développer en 2008, pour soutenir les personnes souffrant de problèmes de santé mentale après leur hospitalisation. La plupart des personnes qui vivent dans ce type de loyer, à LaSalle, ont fréquenté auparavant la maison de transition tenue par Nancy Auger. D’ailleurs, la dame est propriétaire de deux de ces immeubles.

«C’est un projet qui a été mis sur pied après la désinstitutionalisation, pour que les gens puissent être encadrés correctement et réintégrés dans la société, souligne Hélène Racine, directrice des soins infirmiers à l’Institut Douglas.

Devenus plus autonomes, les résidents des appartements supervisés réapprennent à vivre d’eux-mêmes et s’occupent de leurs tâches ménagères. Toutefois, ils reçoivent la visite d’intervenants plusieurs fois par semaine.

Nathalie, une ancienne enseignante, y réside depuis quatre ans, après être passée chez Mme Auger. Après avoir perdu son emploi pour cause de problèmes de santé mentale, elle a aussi perdu son logement et connu l’itinérance. Elle a trouvé beaucoup de réconfort en le programme de soutien de la LaSalloise.

«Dans l’immeuble, il y a plusieurs personnes qui souffrent des mêmes problèmes, alors on peut se parler, on se comprend entre nous», raconte-t-elle, en ajoutant qu’elle va régulièrement au cinéma ou prendre un café avec une amie de l’endroit.

«J’apprécie ma petite indépendance», continue-t-elle.

Et en plus de s’occuper des neuf personnes qui résident à temps plein chez elle, Nancy Auger rend visite à ses locataires des appartements supervisés au moins quatre fois par semaine, et elle demeure joignable en tout temps.

«Elle est un ange pour nous», conclut Nathalie, un large sourire au visage.

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À lire aussi: Il manque 500 places en résidences

 

 

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