Le gouvernement ouvert à la discussion avec les enseignants
Les offres patronales que le gouvernement du Québec a présentées aux enseignants en vue du renouvellement de leur convention collective sont loin d’être fermes, d’après les négociateurs du gouvernement.
«On est ferme sur les problèmes, mais on est ouvert aux solutions», a dit lundi Bernard Tremblay, du Comité patronale de négociation pour les commissions scolaires francophones, lors d’une séance d’information technique.
Pour apporter quelques précisions aux offres patronales qui ont été décriées par les syndicats, le gouvernement du Québec a envoyé leurs négociateurs pour répondre aux questions des journalistes.
Le ratio maître/élève
M. Tremblay a expliqué que la baisse du ratio maître/élève que propose le gouvernement aura pour effet de diminuer de 1 à 2 élèves par classe dans les derniers cycles du primaire et du secondaire, et non de 2 à 5 élèves comme le disaient les syndicats. Cette mesure permettra de dégager 150M$ qui pourront être réinvestis dans le secteur de l’éducateur et non renflouer les coffres de l’État. Le négociateur n’a pas indiqué à quoi sera consacré cet argent. Il souhaite d’abord discuter avec les syndicats pour voir si cette mesure est toujours la bonne pour favoriser la réussite scolaire.
Les enfants TED
En ce qui concerne l’intégration des enfants ayant des difficultés particulières, Bernard Tremblay a indiqué que le gouvernement souhaite mettre fin «aux automatismes», c’est-à-dire, que les jeunes ayant des troubles envahissant du développement (TED) prennent automatiquement la place de deux ou trois élèves dans une classe. Il a donné l’exemple d’un enfant autiste qui fonctionne bien dans une classe et ne représente pas une charge de travail supplémentaire pour un enseignant. Plutôt que de prendre la place de un ou deux élèves de plus, il serait considéré comme un enfant régulier. Les syndicats se sont insurgés contre cette mesure. Ils ont argué que les considérations entourant les enfants ayant des TED font «une différence» pour les enseignants.
Les heures de travail des enseignants
Pour ce qui est de la proposition qui vise à augmenter le nombre d’heures de travail que les enseignants effectuent à l’école, qui passerait de 32 à 35 heures par semaine, elle permettrait «de répondre aux besoins de la vie de l’école», a dit M. Tremblay. Ce dernier a mentionné que cette mesure permettrait plus de souplesse dans l’organisation des activités de l’école, que ce soit pour des réunions avec la direction ou des rencontres avec les élèves. Il n’y aurait pas de différence dans la rémunération des enseignants puisqu’ils sont payés pour des semaines de 40 heures de travail, a dit le négociateur. Encore une fois, les syndicats se sont élevés contre cette mesure, en disant que leur présence au travail augmente de 10% que leur salaire demeure inchangé. Le négociateur en chef, Maurice Charlebois a fait savoir qu’il «n’y a pas de marge de manœuvre» pour bonifier les offres salariales.