La productivité du Québec reste faible
Le Québec a fait de grands progrès ces dernières années, mais reste trop peu productif par rapport à ses voisins, a soutenu lundi le président de BMO Groupe financier, Jacques Ménard, lors d’une allocution devant le Cercle canadien de Montréal. «La productivité, ce n’est pas travailler plus, a précisé Jacques Ménard. C’est travailler de façon mieux organisée, plus intelligente, et avec de meilleurs outils. Cela se traduit par un mot : innover.»
M. Ménard a rappelé que selon un classement de l’OCDE, le Canada occupe le 17e rang des pays les plus productifs. Il se place derrière les États-Unis et la majorité des pays européens et scandinaves. À l’intérieur de la confédération, le Québec produirait 8 400 $ de moins par an et par habitant que les autres provinces, d’après un rapport de la Rotman School à l’Université de Toronto.
En tant que président du Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec, il est convaincu que la capacité d’innovation passe avant tout par l’éducation. Environ le tiers des élèves du secondaire ne termineraient pas leur cursus. Par ailleurs, seulement 22 % des Québécois sont diplômés universitaires, contre 28 % des Ontariens et 31 % des Américains.
«La corrélation entre le revenu moyen d’une communauté et son taux de diplomation n’est plus à démontrer, a-t-il ajouté. Tout comme l’incidence de la capacité à innover sur le revenu par habitant. C’est l’éducation qui nous donnera le second souffle dont nous avons besoin pour accéder au cercle des grands leaders.»
La croissance du niveau des élèves au Québec passerait par une meilleure rémunération des enseignants. En contrepartie, leurs compétences devraient être régulièrement évaluées, et l’accès à la profession devrait être plus sélectif, selon M. Ménard.