N'y a-t-il pas plus important?
En 10 ans, la STM, appuyée par l’administration Tremblay, aura haussé le prix de la carte mensuelle régulière (CAM) de 51 %, soit de 50 $ à 75,50 $, et la carte mensuel-le tarif réduit de 75 %, soit de 25 $ à 43,75 $. Bien sûr, la STM promettait en échange une amélioration des services. Or, bien des usagers ont de la difficulté à voir ces améliorations.
En effet, le service d’autobus est déficient, et les nombreuses pannes de métro mettent les usagers à bout. Nous avons eu droit à une carte à puce, à des autobus plus grands et à un joli nouveau logo, mais la STM n’a-t-elle pas des choses plus importantes à régler?
Par exemple, le vendredi 27 janvier vers 17 h, une petite neige (précédée de pluie) tombe sur Montréal.
Le temps est vraiment désagréable, on marche dans la slush et on veut rentrer chez soi pour entamer la fin de semaine. J’embarque dans l’autobus 165 (435 Express). Dès le second arrêt, le chauffeur ne peut plus démarrer, les roues patinent sur la neige. Il insiste. Longtemps. Les gens commencent à débarquer. Moi aussi. Je prends un autre autobus, non sans inquiétude… celui-là m’amène à destination. Ouf! Une chose semblable m’était arrivée l’année passée. Sauf que, cette fois, le chauffeur nous avait carrément ordonné de descendre et avait annoncé qu’il n’y aurait pas d’autre autobus. J’étais arrivée au travail avec une heure et demie de retard.
Ma question est donc celle-ci : au Québec, est-ce normal que les autobus du transport public ne soient pas équipés pour rouler dans un peu de neige? La STM ne pourrait-elle pas investir une part de son budget (1,8 G$ de 2012 à 2014) dans de super pneus d’hiver?
Par ailleurs, il y a des ralentissements et des inte rruptions de service dans le métro TOUS LES JOURS. Et ce qui est inquiétant, c’est que ça n’a pas l’air de s’améliorer avec le temps. Cela crée de la frustration justifiéw. Pourtant, le budget de la STM est censé être destiné à bonifier les services et à moderniser son équipement. Je n’y connais rien en ingénierie, mais il me semble qu’il y aurait quelque chose à faire pour éviter les pannes constantes, et cela devrait être la priorité absolue dans le budget de la STM.
Finalement, la STM semble ne pas savoir où sont les priorités. Pour le savoir, il faudrait qu’elle pense d’abord aux usagers, pas à son rendement ni à son image. La carte OPUS et le changement de logo, notamment, sont des dépenses qui m’apparaissent tout à fait superficielles. Cela ne fait que donner une meilleure image à la STM. Toutefois, étant donné la piètre qualité des services, ce n’est qu’illusoire. Imaginez l’argent dépensé pour mettre de nouveaux logos sur 506 voitures de métro et 5 275 autobus… Mais pendant ce temps, les autobus ne sont pas à l’heure, et je risque de rester coincée dans le métro chaque fois que je le prends…
Bref, il est normal que les usagers soient mécontents quand il y a des hausses de tarifs. Surtout que celles-ci sont régulières et plutôt élevées. S’ils voyaient des améliorations notoires dans le service, les augmentations passeraient sans doute mieux. Mais pour une grande majorité d’entre eux, ce n’est pas le cas, et ils auraient probablement des suggestions de dépenses à faire à la STM.
– Sophie Artiges